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Le casse-tête de Wiliam

 
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Wiliam
Plume d'oie

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Humeur du Jour: snesl by te modré z nebe

MessageLun 17 Juil 2006, 17:34:30 Répondre en citant
2) Texte libre

Pourquoi s'était-elle rendue sur cette plage ?
Elle n'en savait rien. Elle avait toujours été fascinée par la mer. Elle supposait à juste titre qu'il en était de même pour de nombreuses personnes. Pourtant, lorsqu'elle ôtait ses sandales et avançait pieds nus à l'endroit où le sable humide venait de boire avidement la dernière vague, une douce chaleur montait dans son ventre, comme si la mer elle-même lui communiquait un étrange bien-être. C'était une sensation très proche de ce début d'excitation qui naissait quand elle embrassait à pleine bouche son amant, qu'elle sentait sa langue sur la sienne, ses mains sur ses hanches. En ça - elle ne le savait pas, sa communion à l'océan était tout à fait singulière.

Ce soir-là, à marée montante, ce fut un sentiment d'urgence qui la poussa à partir seule vers l'étendue salée. Elle n'était qu'à dix minutes à pied de la mer, mais le chemin lui parut être trois fois plus long. La tête légèrement penchée en avant, elle marchait rapidement, pensive, le front soucieux. Elle sentait tout au fond d'elle une anxiété étrangère, un signal d'alerte, presqu'un appel à l'aide.

Le soleil était loin à l'ouest, fleurtant avec l'horizon, rouge déjà et embrasant les quelques nuages égarés. Un vent fort soufflait vers les terres, emmêlant ses cheveux libres, plaquant sa robe d'été sur ses seins, sur le ventre plat et les cuisses fines. Elle s'arrêta à quelques mètres des vagues, l'air interrogateur. Et maintenant ? Maintenant, il fallait se déchausser, comme à l'accoutumée. Avancer peau contre sable, comme d'habitude.

L'océan gémissait, l'exhortant à s'approcher. Elle obtempéra et une fois encore, s'arrêta les pieds sur la plage humide. Elle était seule. Les quelques vacanciers tardifs avaient abandonné les dunes peu de temps auparavant, lorsque le vent les avait chassés, crachant du sable sur les corps dénudés, piquant leur épiderme et menaçant les yeux fragiles.

Elle resta là de longues minutes, observant la mer qui sans cesse avançait puis reculait, venant lécher le bout de ses pieds. Le vent devint plus cinglant, l'océan compulsif semblait souffrir de mille tourments que le ressac traduisait. Il fallait qu'elle s'agenouille. C'était comme un ordre muet. Elle se soumit sans discuter, sans chercher à comprendre, frêle silhouette face à l'immensité aqueuse.

Devant ses yeux, comme la peau d'un ventre qui se tend à chaque respiration, le sable se mit à gonfler puis à s'aplatir, régulièrement, sur deux mains de large à peine. La femme y plaqua ses paumes, non pour empêcher ce battement lent, mais pour l'accompagner. Il lui semblait qu'ainsi, elle apaiserait la souffrance de l'océan, qu'elle lui ferait don d'un peu de sa propre sérénité. Et la plage réagit à son contact, et le battement se fit plus doux, plus calme.

Sourdes à la douleur contrôlée, les vagues recouvraient d'eau les mains de la femme, et le sable se creusait quand la langue salée se retirait pour mieux revenir. La mer rugit, comme prise de spasmes soudains, et sous les doigts fripés de ce contact humide prolongé, la plage gonfla encore une fois, fort.

Elle sentit d'abord la petite tête aux cheveux rares, et le sentiment d'urgence refit surface. Son rôle se détermina à cet instant précis. Elle était celle que la mer avait désignée pour l'aider. Elle était la sage-femme. Il fallait dégager la petite bouche du sable, et aller chercher plus bas. Tout en maintenant le crâne aux os délicats d'une main, elle plongea l'autre dans la plage. Elle trouva une épaule et glissa sa paume en-dessous. Lorsque vint la vague suivante, gorgeant d'eau salée la dépression, elle tira doucement, tout doucement. Le vent grinçait et sifflait, mais le bruit de la mer douloureuse couvrait ces vociférations aériennes.

L'enfant vint en douceur, dans un bruit de sussion, la peau à peine rougit par le frottement des grains de silice. La femme passa une dernière fois sa main sur le visage flétri, chassant le sable collant. Les petits poumons expulsèrent un filet d'eau claire, et le nourrisson poussa enfin le cri originel. Le vagissement de douleur agit comme un signal: le vent se fit muet, le grondement de l'océan faiblit. Même les vagues hésitèrent à s'approcher de ce petit animal pourtant si fragile. Du ventre de l'enfant pendait un morceau de cordon ombilical, tube étonnamment noueux que la femme pinça d'un coquillage vide. Puis serrant le petit être contre sa poitrine, elle se remit debout, avançant vers les flots pour le présenter et le laver aux eaux maternelles.

La mer était agréablement chaude. La femme resta un long moment dans le giron aqueux, de l'eau jusqu'à la taille, nettoyant l'enfant des grains de sable qui adhérait à la peau si douce. Lorsque le nourrisson ouvrit les yeux, plongeant son grand regard dans le sien, elle sourit, puis pleura des larmes de bienvenue. Elle pressa doucement le petit corps contre son sein et rejoint la plage. Derrière elle, l'océan respirait doucement, fatigué, harassé, exténué.

Le vent souffla une bénédiction, la mer s'endormit. La femme partit doucement à travers les dunes, sans quitter du regard ce bébé qui l'observait d'un air interrogateur, de ses grands yeux bleu océan. C'était une petite fille.
____________________
A bas les poux ! Vive René Coty !


Dernière édition par Wiliam le Mar 18 Juil 2006, 14:28:17; édité 2 fois
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Wiliam
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Humeur du Jour: snesl by te modré z nebe

MessageMar 18 Juil 2006, 09:38:58 Répondre en citant
3) La parodie

J'avais déposé sur la table
Un fond d'potage qu'avait tout cramé
Ça m'a fait hurler, j'étais en rage
Face au carnage, j'étais vaincu.

Faut cuisiner, -ziner, à l'huile, de sésame en graines
Et remuer, -muer, oh, pour pas qu'ça prenne

Puis j'ai fait du riz (cent cinquante grammes)
Mais foutre drame, j'en avais trop mis
Fallait en enl'ver, pour pas qu'ça foire,
C'était trop tard: tout avait collé.

Faut cuisiner, -ziner, à l'huile, de sésame en graines
Et remuer, -muer, oh, pour pas qu'ça prenne

Je n'ai gardé aucune de ces poëles
Ça m'faisait mal d'les voir toutes brûlées

Faut cuisiner, -ziner, à l'huile, de sésame en graines
Et remuer, -muer, oh, pour pas qu'ça prenne

Faut cuisiner, -ziner, à l'huile, de sésame en graines
Et remuer, -muer, oh, pour pas qu'ça prenne...
____________________
A bas les poux ! Vive René Coty !


Dernière édition par Wiliam le Mar 18 Juil 2006, 14:28:05; édité 1 fois
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Wiliam
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MessageMar 18 Juil 2006, 14:27:19 Répondre en citant
5) La ligne manquante

Onze travaux pour Ercune

Ercune a vécu en 65 avant notre ère. Ce titan reconnu par tout un continent pré-européen aurait exécuté onze travaux. Or en vrai, Ercune n'a pu aboutir. Voici un court texte narrant cette épopée...

Ercune porte une cape noire, un ceinturon en cuir et une épee en acier: avec ça, cet ouvrier épate et apeure tout citoyen rencontré en route. Pourtant une nuit, Ercune rêve: une entité bizarre invite ce titan à tuer un bébé. Or Ercune n'obéit point, et cette entité punit notre type à exécuter onze travaux:
1) entourer avec un brin en coton un roc en pierre brut,
2) porter un prince couronné avec un baton en ébène,
3) nettoyer une écurie occupée par un vautour tueur,
4) procurer un papier pur à un écrivain pour écrire un texte concernant cette épopée ratée,
5) récupérer un petit pot en terre cuite appartenant à une truie à treize nez,
6) boire une bière brune en criant "vive notre roi" en arabe,
7) pénétrer un cabinet privé en or pur n'ayant aucune porte,
8) trouver une bonne répartie à "ça va bien ?",
9) concocter un pain épicé au curry en portant un turban turc,
10) tuer un porc béni par un bonze et en rapporter une côte,
11) piner en riant une putain en Crète.

Ercune obéit, or un vautour tueur, ça peut être pernicieux, et Ercune crève à ce point, évitant une retraite bien courte (et une péripatéticienne crétine).
____________________
A bas les poux ! Vive René Coty !
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Wiliam
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MessageJeu 20 Juil 2006, 14:27:58 Répondre en citant
4) Le Tautogramme

Rouen, rue Ratafia, Robert rencontra Raoul. Récréation...
-- Rhaaaa !! Roi !! rugit Robert réjoui.
-- Rhoo... Rien... répondit Raoul.
-- Rien ??? ricana Robert ravi.
-- Remarque... Rha... Rien, répéta Raoul, renfrogné.
-- Raoul ! rétorqua Robert revenchard.
-- Robert ? répliqua Raoul.
-- ... Rassuré ? railla Robert rubicond.
-- Rigolo ! rouspèta Raoul.
-- (rires) Relance ! revendiqua Robert.
-- Radis... restent rares... releva Raoul.
-- Réellement ? Radin ! rumina Robert.
Rouen, rue Ratafia, Robert rembruni renia Raoul, repentant.
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Athénaïs
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Localisation: Paraiso Verde
Humeur du Jour: dans la joie....

MessageSam 22 Juil 2006, 09:09:44 Répondre en citant
Magnifique.... J'aime tout particulièrement ton texte libre... forum65
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"L'ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l'imagination."

"Se servir d'une seule âme pour être deux." Paul Claudel
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Arwenn
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Humeur du Jour: Et pourtant...

MessageDim 23 Juil 2006, 16:09:27 Répondre en citant
oui : quelle écriture !

(hein, je m'répète ?)
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Ruth
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Localisation: hic!
Humeur du Jour: dans mon jeune temps...

MessageLun 24 Juil 2006, 20:40:12 Répondre en citant
wiliam kain a écrit:
3) La parodie




Alors celle-là je l'ai adorée! Le reste aussi, mais la parodie, plus!
____________________
debout!
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Wiliam
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MessageMar 25 Juil 2006, 15:03:17 Répondre en citant
1) Les points de suspension

La concubine, la tête droite, serrait son imperméable ouvert en bénissant Satan de n'avoir toujours pas accouché.
C'était venu lentement, sans gêne éhontée, furtivement. Ce désir l'avait obnibilé, elle qui respectait pourtant Dieu, fervente catholique. Évidemment, vu que l'infernale entité devinait tout, disparaître serait malaisé. La prière satanique servait de lien définitif, et la larve, petite chose, était maudite, esclave éternel du Prince ubique.
Contrer cette occulte promesse absurde en devenait, terriblement et vainement, sa lubie, son impossible objectif, obscure ambition.
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Wiliam
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MessageMar 25 Juil 2006, 15:04:22 Répondre en citant
Onde a écrit:
Le Casse-tête de l'été est arrivé !


Bon, ça, c'est fait...
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Arwenn
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Inscrit le: 09 Mai 2005
Messages: 6 889
Humeur du Jour: Et pourtant...

MessageMar 25 Juil 2006, 15:05:06 Répondre en citant
wiliam kain a écrit:
1) Les points de suspension

La concubine, la tête droite, serrait son imperméable ouvert en bénissant Satan de n'avoir toujours pas accouché.
C'était venu lentement, sans gêne éhontée, furtivement. Ce désir l'avait obnibilé, elle qui respectait pourtant Dieu, fervente catholique. Évidemment, vu que l'infernale entité devinait tout, disparaître serait malaisé. La prière satanique servait de lien définitif, et la larve, petite chose, était maudite, esclave éternel du Prince ubique.
Contrer cette occulte promesse absurde en devenait, terriblement et vainement, sa lubie, son impossible objectif, obscure ambition.


wiliam kain a écrit:
Onde a écrit:
Le Casse-tête de l'été est arrivé !


Bon, ça, c'est fait...


pfffuh....je suis achevée, moi aussi.... jap: jap: jap:
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Wiliam
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Humeur du Jour: snesl by te modré z nebe

MessageMar 25 Juil 2006, 15:14:09 Répondre en citant
Merci Mr. Green

(en même temps, vu comme j'ai évacué le problème du tautogramme, hein... fallait que je me rattrape)
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waterlily
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Inscrit le: 21 Mar 2006
Messages: 1 005
Localisation: Sur ma stratosphere
Humeur du Jour: Au plus pres du bonheur.

MessageMar 25 Juil 2006, 17:40:48 Répondre en citant
wiliam kain a écrit:
Onde a écrit:
Le Casse-tête de l'été est arrivé !


Bon, ça, c'est fait...


Je suis scotchee Shocked
C`est grandiose lightkyle
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Another one bites the dust
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