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Ma Meilleure Ennemie

 
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Lestatt
Mine graphite

Hors ligne

Inscrit le: 10 Juin 2006
Messages: 8

MessageSam 10 Juin 2006, 16:13:16 Répondre en citant
Ma Meilleure Ennemie

J’ai rencontré Blanche lors d’une soirée festive organisée sans aucune autre raison que celle de nous retrouver ensemble mes amis et moi. C’était de ces soirées où les amis croisent les relations d’un soir et où l’on se retrouve à sympathiser avec les amis d’untel ou avec le frère d’un autre sans qu’un quelconque avenir relationnel ne soit envisagé : de ces soirées stériles mais qui vous conforte dans l’idée que vous êtes sociable, aimé, apprécié et appréciable.
C’est dans cette ambiance que j’ai rencontré Blanche pour la première fois. Elle semblait connaître déjà pas mal de monde dans cette soirée et c’est d’ailleurs un illustre inconnu qui nous avait mis en relation elle et moi.
Ce fut pour moi une révélation, elle était légère, enivrante et envoûtante, elle était juste là, disponible et désirée, sans n’avoir pourtant encore rien fait, tout le monde se l’arrachait.
Nous n’avons eu cette soirée que quelques contacts mais elle avait sans nul doute compris qu’elle et moi allions vivre une histoire forte en émotions. C’était il y a plus de 2 ans mais je me souviens de ce jour comme si c’était hier.
Nous nous sommes revu de plus en plus fréquemment après cette soirée et nos contacts ont été en réalité de plus en plus rapprochés au fur et à mesure que les semaines passaient.
Blanche connaissait beaucoup de monde et arrivait toujours sans crier gare ! Elle ne s’est jamais imposée d’elle-même mais c’est moi qui petit à petit sollicitait sa présence : rassurante, douce et parfois violente, elle me devenait au fil des jours de plus en plus indispensable.
Mais Blanche est exclusive. Et tandis que notre relation toute passionnelle s’installait, elle commença à me couper du monde sans que je ne m’y oppose. Elle était là et son absence qui m’était devenu depuis indispensable me faisait oublier tout ce que j’avais pu être avant de la rencontrer.
Malgré les mises en gardes de mes proches qui regrettaient déjà le jour où nos chemins s’étaient croisés, je ne jurais désormais plus que par elle, reniant de fait tout ce qui n’était pas elle. Et celle que je prenais la veille pour une alliée, une complice de chaque instant, se retourna subitement contre moi, indispensable qu’elle était devenue : celle qui m’avait rassuré pendant tant de mois et qui m’avait donné la force d’entreprendre monts et merveilles était désormais la seule à décider de notre sort à tout les deux.
Par maintes tentatives j’essayais de la repousser mais c’était à chaque fois pour la faire revenir avec plus d’empressement, obsédé par le seul fait de la retrouver là, à mes cotés, prête et offerte. Cette dualité qui caractérisait Blanche a sans doute été le fil conducteur de la toile que cette dernière avait mis plus d’un an à tisser autour de moi : agressive quand elle se trouvait loin de moi, elle devenait symbole de réconfort dès que nous étions réunis.
Vint alors le temps de la destruction, Blanche m’était devenue vitale, indispensable pour chacun de mes gestes, y compris les plus simples : elle en arriva d’ailleurs à ne m’autoriser que ceux-ci, m’empêchant de travailler pour rester à son contact, ne me laissant sortir de chez moi que pour aller la retrouver.
Cette situation dura un an et si mes proches, mes Vrais amis, n’avaient été présents pour me permettre d’ouvrir les yeux sur ce que Blanche avait fait de moi, celle-ci serait toujours là, présente et vivante en moi telle une mauvaise bactérie qui vous ronge de l’intérieur.
J’ai mis des mois à apprendre comment me passer de Blanche, j’ai traverser de ces océans vides de toute émotion avant de trouver quelque crique d’espoir me permettant de retrouver goût à la vie. Des notions évidentes qui une fois retrouvées font que pour moi l’existence prend aujourd'hui un sens nouveau et bien plus essentiel.
Loin des futilités infligées par les élucubrations de tel ou tel média alarmiste, je vois aujourd’hui les immenses possibilités qui s’offrent à qui veut croire en la vie, la vraie vie.
Alors si un jour vos pas croisent ceux de Blanche, laissez là où elle se trouve, détournez vos pas de l’évidente facilité qu’elle vous offre, car sans cette raison que Blanche tente de vous enlever il n’est pas de raison de vivre, d aimer et d’espérer. L’espoir est la seule chose que personne ne peut vous voler, pas même cette satanée Blanche.
Alors à vous tous, espérez à jamais, vivez et aimez, et ne cherchez l’évasion que dans votre cœur et vos émotions, ce forum est par là même une excellente solution qui nous est offerte, profitons en et à bientôt.


Ce texte n'est sans doute pas un modèle de syntaxe, il comporte sans aucun doute des lourdeurs et des erreurs mais l'essentiel est ailleurs.
Vampiriquement votre
Lestatt
[Haut]
Onde
Plume d'oie

Hors ligne

Inscrit le: 14 Avr 2005
Messages: 5 713
Localisation: Cesson

MessageSam 10 Juin 2006, 16:25:36 Répondre en citant
Il est sublime ce texte, mais je me prends tes mots en pleine gueule chaque fois que je le lis. Il y aurait tant à dire... p'tit con !
Chaque fois que je pense à toi, j'ai du mal à ne pas penser à cette chanson de Renaud.

Tu m'excuseras mignonne
D'avoir pas pu marcher
Derrière les couronnes
De tes amis branchés
Parc' que ton dealer
Etait peut-être là
Parmi ces gens en pleurs
Qui parlaient que de toi
En regardant leur montre,
En se plaignant du froid
En assumant la honte
De t'avoir poussée là

P'tite conne tu leur en veux même pas,
Tu sais que ces charognes sont bien plus morts que toi

Tu fréquentais un monde,
D'imbéciles mondains
Où cette poudre immonde
Se consomme au matin
Où le fric autorise
A se croire à l'abris
Et de la cours d'assise
Et de notre mépris
Que ton triste univers
Nous inspirait malin
En sirotant nos bières
Ou en fumant nos joins

P'tite conne tu rêvais de Byzance
Et c'était la Pologne jusque dans tes silences

On se connaissait pas
Aussi tu me pardonnes
J'ai pas chialé quand t'as
Cassé ta pipe d'opium J'ai pensé à l'enfer
D'un téléphone qui crie
Pour réveiller ta mère
Au milieu de la nuit
J'aurai voulu lui dire
Que c'était pas ta faute
Qu'à pas vouloir vieillir
On meurt avant les autres

P'tite conne tu voulais pas mûrir,
Tu tombes avant l'automne juste avant de fleurir

Et t'aurais-je connu
Que ça n'eût rien changé
Petit enfant perdu
M'aurais-tu accepté
Moi j'aime le soleil
Tout autant que la pluie
Et quand je me réveille
Et que je suis en vie
C'est tout ce qui m'importe
Bien plus que le bonheur
Cette affaire de médiocre
Et qui use le cœur

P'tite conne c'est oublier que toi t'étais là pour personne
Et qu' personne était là

Tu m'excuseras mignonne
D'avoir pas pu pleurer
En suivant les couronnes
De tes amis branchés
Parc' que ton dealer
Etait peut-être là
A respirer ces fleurs
Que tu n'aimerais pas
A recompter ces roses
Qu'il a payé au prix
De ta dernière dose
Et de ton dernier cri

P'tite conne aller, repose toi tout près de Morison
Et pas trop loin de moi


Lestatt a écrit:
Cette situation dura un an et si mes proches, mes Vrais amis, n’avaient été présents pour me permettre d’ouvrir les yeux sur ce que Blanche avait fait de moi, celle-ci serait toujours là, présente et vivante en moi telle une mauvaise bactérie qui vous ronge de l’intérieur.

Oui, c'est important les amis, les vrais, ceux qui partagent les moments difficiles pour tenter de les rendre un peu plus doux. Je n'oublie pas que tu as souvent été là. kis
[Haut]
Ruth
Stylo-plume

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Inscrit le: 26 Avr 2005
Messages: 2 923
Localisation: hic!
Humeur du Jour: dans mon jeune temps...

MessageSam 10 Juin 2006, 17:58:11 Répondre en citant
On dit que le blanc est la somme de toutes les couleurs...et Blanche avait comme beaucoup, une grande part de couleurs sombres dans son mélange!

Merci, pour cet "essentiel", aussi précieux qu'une huile!
____________________
debout!
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Lestatt
Mine graphite

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Inscrit le: 10 Juin 2006
Messages: 8

MessageSam 10 Juin 2006, 19:08:29 Répondre en citant
Des messages de soutien qui peuplent un peu plus à chaque lecture le coeur en reconstruction du vampire romantique que je suis.
A vous deux qui semblez avoir été touchées par des mots venus d'une âme encore égarée je voudrais dire un grand Merci.
Il n'est de raison de croire en la vie que si celle-ci semble etre estimable à vos propres yeux, ou du moins dans ceux des autres, et en particulier dans ceux de vos amis (merci Onde qui me connait sans doute plus que moi-même).
On retrouve le gout des choses, le gout des autres, le gout d'aimer dans les temoignages de valeur que l'on reçoit.

Vampiriquement votre
Lestatt
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Rès
Invité

Hors ligne




MessageDim 11 Juin 2006, 01:04:44 Répondre en citant
Lestatt a écrit:
Vint alors le temps de la destruction, Blanche m’était devenue vitale, indispensable pour chacun de mes gestes, y compris les plus simples : elle en arriva d’ailleurs à ne m’autoriser que ceux-ci, m’empêchant de travailler pour rester à son contact, ne me laissant sortir de chez moi que pour aller la retrouver.


Blanche est partout, c’est là son plus gros défaut. Elle appartient à toutes les familles médicamenteuses dès lors qu'elles agissent sur le système nerveux. On la retrouve chez Monsieur et Madame Anxiolytiques, Monsieur et Madame Benzodiazépines ou encore chez Monsieur et Madame Antidépresseurs. Très souvent, il m’a été donné l’occasion de lire ou d’entendre ceci :

Voilà je suis accro à l'héroïne... Et, pour diverses raisons, je n'ai pas pu avoir de poudre aujourd'hui.
Je me suis fait un shoot de Lexomil pour me calmer. Est-ce que je cours un risque ??
Je suis un peu perdu et mal (…).


Et puis, le cas typique :

J'ai commencé à prendre du Stilnox il y a une dizaine de mois et la dépendance est là. J'en ingurgite en moyenne 5 tous les soirs. Je prends les 2 premiers vers 21h30 puis 2 de plus dans l'heure qui suit, puis 1 ou 2 après, mais, de ceux-là, je ne me souviens pas souvent du moment où je les prends, je ne m'en rends compte que le lendemain quand je vois le nombre de comprimés manquants sur ma plaquette. Le plus difficile c'est de voir le regard de mon conjoint sur moi le matin au réveil lorsqu'il me dit : "t'as vu dans quel état tu t'es mise hier soir ?? Tu te souviens au moins de ce que tu m'a raconté ??" Là, c'est terrible, parce que je ne me souviens de rien. Je sais maintenant que je peux dire et faire n'importe quoi. Une fois, de rage, il m'a filmée, histoire de voir la réalité. Ce n’est pas beau à voir. Mon médecin m’a fait la morale aujourd’hui. Il m’a dit qu’un jour, je serai capable d’escalader la Tour Eiffel et de sauter dans le vide sans m’en rendre compte (…).

Il y a quelque temps, sur un forum médical, un type répondait à une fille dont le problème était de mesurer l’état d’accoutumance de son ami au Subutex (traitement substitutif de la dépendance aux drogues dures). Il a clairement rétorqué qu’il était bon d’appeler immédiatement les flics de façon à ce que, une fois derrière les barreaux, on constate s’il raclait le sol avec ses dents sous l’effet du manque. Quelques jours plus tard, il enfilait son nouvel habit de modérateur.
On vit une époque formidable.
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Bulles de Nuit
Stylo-plume

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Inscrit le: 27 Avr 2005
Messages: 3 402
Localisation: Paris
Humeur du Jour: Collection Berardo

MessageDim 11 Juin 2006, 11:42:18 Répondre en citant
Le stilnox, c'est à ce point nocif? J'en ai pris il y a environ deux mois pour m'endormir... et les effets étaient foudroyants. Je m'endormais en étant complètement incohérent en plein milieu d'une conversation MSN. Je ne sais même pas comment c'est possible d'en prendre 5. Il en suffit d'un demi pour s'endormir en 5 minutes.

Maintenant je suis à la valérianne et autres produits naturels ou alors le sport, c'est très bien aussi pour faire dodo. Mr. Green
____________________
Ha ! très grand arbre du langage peuplé d'oracles, de maximes et murmurant murmure d'aveugle-né dans les quinconces du savoir...
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