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Lal se multiplie ou l'épreuve par 6

 
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Lal Behi
Pointe bic

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Inscrit le: 04 Mar 2009
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MessageSam 21 Nov 2009, 23:08:14 Répondre en citant
Bon, je me lance avec les bouts rimés...

Genèse alexandrine

Et lorsqu’il jaillit des gonades paternelles
Tel un éclair grondant de foudre et d’étincelles,
Il fond, comme affamé, vers l’attirant noyau
Qu’il déflore en perçant tout d’abord le manteau.
Jetant son flagelle tel qu’une vile ordure
Il s’immisce en un cri, il gonfle sa voilure !
Aussi saoul qu’en l’ivresse du frais beaujolais,
De sa proie attendrie, il polit le galet,
Tous deux entremêlés de leur fécond bonheur.
Qui, malgré sa taille, peut le dire mineur ?
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Lal Behi
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Inscrit le: 04 Mar 2009
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MessageSam 28 Nov 2009, 00:09:58 Répondre en citant
Voici donc mes P de Noël...

Petit papa perdu au plus profond


Plat principal : pintade appétissante et purée précieuse de potimarron au parmesan ; plus pléthore de Pouilly pour la pépie de Papy. En plus de l’apéritif, pardi !

Papa picore le pâté et, petit polisson, papouille les appâts de Perle. Perle, pas pimbêche, se penche plus près, pérore un peu pour le principe et plonge ses paumes sous le pull de Papa à la pointe du plaisir. La réception, en plein apparat, permet des privautés et les parures du sapin répètent les postures des protagonistes, peu ou prou. De pâles suspensions prêtent leurs poudroiements imprécis aux impudeurs du repas.

Le Père Pie pousse un psaume, puis s’époumone en poèmes passionnés, prêchant l’opprobre contre les pêcheurs, puis appelle à la pénitence. Pamela s’approche et lui pelote le paquet, le psautier du père s’aplati par terre et sa pruderie périclite. Pamela, professionnelle du patin, le pousse vers une pièce proche et prolonge la première provocation, sans réprobation du prêtre.

Papy s’approche de Pénélope, perverse et pulpeuse, et lui pince la pointe du pistil, puis plus encore. Ses prunelles pétillent, ses papilles postillonnent, ses poils opalins de Père Noël paillard passent près de la poitrine ; il pose sa pipe et pratique un placage pas pusillanime pour un kopeck. Son paletot purpurin est déposé, son pantalon peu après, le petit pinson pointe et pépie, primesautier.

Quel plaisir de passer ce pieux souper à La Poule tapineuse, auprès de personnes publiques et pas prudes, plus portées sur les parties de peau que la prière !

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Lal Behi
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Inscrit le: 04 Mar 2009
Messages: 69

MessageVen 04 Déc 2009, 23:01:14 Répondre en citant
Je conclus ce sixième casse-tête par le texte presque libre à début imposé qui prend la forme d'un conte, histoire inspirée d'une légende nordique et, notamment, féroïenne.
Quant à moi, ce jeu prend fin, car je ne participerai pas - un peu lâchement, je l'avoue - à Koh Lanta ! whistle


Naqquq
ou comment la fille de la femme-phoque conjugua sa nature duelle


« Et ce bouton, il sert à quoi ? » se demanda Naqquq tout en le manipulant. Elle agitait également le loquet et, soit que la conjonction des deux fût appropriée, soit que le divin Ægir l’ait assistée, elle entendit un déclic discret et le couvercle du coffre s’ouvrit.

L’armure de bois révéla une étoffe étrange, à la texture duveteuse, d’une teinte changeante, grise et mordorée. Naqquq la souleva délicatement, le semblant de tissu se déplia, sa forme évoquait une silhouette marine.

« La peau de la femme-phoque ! » s’émerveilla la jeune femme. « Ainsi, Père, à l’aube de sa mort, ne m’a point menti ; Mère serait une femme-phoque comme celles que la légende traqua de contes en gravures. »

Elle se vêtit de la peau ; celle-ci était douce et chaude, aussi chaleureuse que les caresses, aussi tendre que les étreintes maternelles. Dans ce souvenir lointain se mêlèrent à la mélancolie les sanglots du deuil ainsi qu’une rage contre l’avanie de l’oubli qui faisait de sa mère un ectoplasme voilé par les années.

Aussi, si matutinale que fût l’heure, Naqquq sortit dans l’encore pénombre et erra dans le village enneigé ; les larmes perlaient de ses yeux et gelaient sur ses joues, formant des concrétions désespérées que ni leur amertume ni leur salinité ne dissipaient. Naqquq contourna la butte des ours, là où la dernière maison semble pointer vers le vide nivéen. Elle poursuivit jusqu’aux abords de l’océan, un pâle ensoleillement colorait l’horizon, les vagues se jetaient avec furie vers le rivage, l’eau s’éclataient sur les rochers torturés, l’écume peignait le visage de Naqquq et glissait sur la peau de phoque sans y laisser aucun signe.

« Mère-morte-humaine, loin de ta fourrure pinnipède, comment te rendre ton intégrité ? » gémit Naqquq avec grandiloquence. Elle songea à sa propre nature hybride, elle dont la genèse avait pris forme au sein d’éléments aussi antagonistes que l’eau et la terre. Ses pleurs, toujours démultipliés, gonflaient à eux seuls les flots, les lames s’accusèrent, le soleil toujours bas en cette saison nuait d’un à peine jaune le noir des abysses, sans pouvoir le pénétrer pourtant. Le duel entre l’eau sombre et le ciel cireux produisaient des reflets bigarrés – l’onde se paraît d’une nitescence surnaturelle, propre à frapper de stupeur marins ou simples mortels.

Cependant, Naqquq, peut-être empreinte de sa nature duelle d’humaine et d’animal, était subjuguée par cette lueur, la couleur même de ses yeux varia jusqu’à en adopter la teinte. La jeune femme se fondait dans l’élément liquide, s’identifiait littéralement au fantôme maternel ; elle se serra plus étroitement encore dans la peau et les pores de son épiderme épousèrent l’intérieur de cuir. Les mains de sa mère caressèrent ses bras, les nageoires effleurèrent son dos – frôlement mythique, reddition filiale.

Le tumulte de l’eau s’agitait à ses pieds, frénétique, et le corps de Naqquq frémissait dans son entier, en symbiose parfaite avec la fourrure de sa mère. L’enveloppe reprenait vie. Naqquq respirait les embruns, le goût du sel palpitait sur sa langue, enivrant comme un nectar, hypnotique comme une drogue. Elle fut agitée de soubresauts qui n’avaient plus rien d’humain, puis d’ondulations, sa gueule s’ouvrit dans un cri rauque, presque obscène ; Naqquq plongea. L’océan l’accueillit, la peau reprenait son ordinaire natatoire et Naqquq plongeait parmi les rouleaux, évitait les écueils des roches côtières, se jouait des courants.

Naqquq jubilait, ses poumons se gonflaient d’iode et d’exhalaisons salines, ses moustaches comptabilisaient chaque goutte d’eau, fût-elle noyée au milieu des autres. Jamais Naqquq n’aurait imaginé cette osmose sans réserve, ce paradis aussi insaisissable que fluide, elle s’étonna même que la taxonomie eût désigné la femme et le phoque de deux noms différents. Elle aperçut sur sa droite quelques remous, ses congénères venaient à sa rencontre, ses mouvements s’accélérèrent dans leur direction, elle exultait.

Les flots se déchirèrent ; l’orque n’en fit qu’une bouchée.

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