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Sans retour ni détour, je pars…

 
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Morgane
Stylo-plume

Hors ligne

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Messages: 1 003
Localisation: loin, loin, très loin...
Humeur du Jour: je sais plus...

MessageMar 03 Nov 2009, 22:44:25 Répondre en citant

Je ne reviendrai pas, ne cherche pas à me retrouver, je pars. Nous avons partagé le meilleur et le pire durant ces deux années. Nous nous sommes aimés, je vivais à travers toi et réciproquement. Nos secrets qui jadis enflammaient nos rencontres inavouées, me tuent aujourd’hui. Mon cœur est lacéré de tous tes retards, tailladé de tous tes contre-temps. Je savais à quoi je m’attendais quand je t’ai rencontrée, une femme mariée, d’une banalité. Comme tous les autres avant j’ai juré tous les dieux que je ne tomberai pas dans l’engrenage, que je ne me laisserai pas aller au sentimentalisme…et me voilà, fuyant notre histoire pour échapper au pire, et sacrifier le meilleur. J’ai tout aimé en toi, tout bénit, tout célébrer. Je connais ta peau, ton odeur, le langage de ton corps, je sais détecter dans tes yeux la moindre de tes émotions.
Nous parlions peu durant nos entrevues, parce que sans doute trop rares et trop courtes, elles furent pourtant les témoins d’échanges passionnés.

Je t’ai rencontré un soir de juillet, nous inaugurions la galerie d’art d’un ami commun. La soirée se tenait dans la cour intérieure d’un hôtel particulier du centre ville, le décor était splendide, le buffet raffiné et les breuvages champenois millésimés. Tu finissais, alors, tes études, tout juste diplômée et déjà engagée. Tu m’as plu à la minute où je t’ai entendu rire, je me suis retourné et j’ai croisé ton regard…ton sourire parfait illuminait ton visage, tes yeux scintillants m’ont foudroyé en un clin d’œil ! Nous nous sommes parlés, un instant, j’étais suspendu à tes lèvres, attentifs à tous les détails. J’enregistrais la moindre information qui me permettrait de te retrouver, n’osant pas te demander directement tes coordonnées…tu m’as présenté ton mari, un très bel homme, qui avait su faire sa place dans le milieu impitoyable des marchés financiers, il était parfait en tout point, et j’étais déjà là à l’envier de t’appartenir.
Un peu plus tard dans la soirée, je me suis éclipsé sans même avoir osé te saluer. Tu m’avais stupéfait et j’étais terrorisé à l’idée de perdre mes moyens devant une femme si exceptionnelle.
Je me souviens être rentré chez moi à pied, le regard perdu sur la chaussée, enveloppé par la douce fraîcheur de l’aube d’un matin d’été. Mon esprit était resté accroché à toi, je rejouais mille fois notre brève conversation, ton rire éclatant se rappelait sans cesse à mes oreilles, cette douce mélodie qui m’avait chaviré quelques heures auparavant semblait être gravé en moi depuis des millénaires. Ton image hantait mon esprit, tu étais là tout le temps, éveillé, endormi, je n’avais de cesse de t’apercevoir au détour de mes pensées. Je me souvenais que tu avais parlé d’un cabinet qui t’employait depuis peu, j’épluchais les pages internet à la recherche d’une adresse, d’un numéro de téléphone qui créeraient la connexion. Heureusement pour moi, le graal s’avéra facile à conquérir. Le lundi suivant, je passais presque la journée à attendre à quelques mètres de l’immeuble dans lequel ton employeur avait ses appartements, espérant t’apercevoir. Vers 19h, tu franchis enfin le seuil de cette porte que j’avais vue s’ouvrir et se refermer au moins cent fois depuis le matin ! Vision exquise, je n’en revenais toujours pas d’autant de grâce, de cette beauté presque divine, je restais comme pétrifié.

Je revenais tous les soirs un peu avant 19h pendant plusieurs semaines, n’osant pas t’aborder, je ne vivais la journée que pour ce moment extatique, ressentant les heures qui me séparaient de toi comme une véritable torture. Un soir, j’osais enfin me jeter à l’eau. Je vins vers toi, te lança un « Bonsoir ? » interrogatif, et sentis, à l’instant où tu posas les yeux sur moi, que tu m’avais reconnu. Tu répondis d’un « Bonsoir… » presque chuchoté. Tu me demandais ensuite ce que je faisais là, je mentis délibérément et sans complexe. Je te racontais que le seul fruit du hasard était à l’origine de notre si fortuite rencontre ! Je m’inventais une course qui m’avait conduit non loin d’ici et t’apercevant sortant de cet immeuble, j’avais voulu venir te saluer! Tu semblais me croire ou du moins en avoir envie. Nous avons échangé quelques banalités, tu souriais sans cesse, je tenais à peine sur mes jambes tellement elles tremblaient. Malgré la déconnexion totale d’avec la réalité que j’étais en train de vivre, j’eus la présence d’esprit de te remettre ma carte, « Au cas où !!! » ajoutais-je en te la tendant. Tu me remis la tienne, je crus que mon bras n’aurait pas assez de force pour la saisir, je tremblais de tout mon être, ne pouvant presque plus commander mes mouvements. Je continuais à sourire en te regardant t’éloigner, j’avais envie de te poursuivre mais mes jambes étaient paralysées, comme clouées au sol. Je mis quelques minutes à pouvoir rejoindre ma moto, mon corps ne répondait plus aux commandes de mon cerveau ! Quelle sensation fantastique ! Je ne sais pas si j’avais un jour ressenti cela.

Je suis rentré et j’ai attendu ton appel, des heures, des jours…j’imaginais ce que tu pouvais être en train de faire à chaque minutes. Ne pouvant me résoudre à attendre d’avantage, un matin, je rassemblais un concentré de courage pour composer les dix chiffres de ton numéro sur mon clavier téléphonique. La sonnerie qui retentit dans les secondes suivantes me glaça le sang, une autre commença à figer tout mon réseau sanguin. Je fus même obligé de m’asseoir pour ne pas chanceler de tout mon long ! Tu décrochas avant que la troisième sonnerie ne vienne congeler les quelques millilitres d’hémoglobine qui coulaient encore dans mes veines.
Je te demandais comment tu allais, tu me de répondis que tu avais été débordée et que tu n’avais pas encore eu le temps de m’appeler, mais que tu comptais le faire. Je peux encore me souvenir en détail de toute cette conversation, et de toutes les suivantes…

Tout a commencé comme ça, une rencontre fortuite, une autre beaucoup moins et un coup de téléphone qui fixe enfin, la vraie rencontre. On s’était donné rendez-vous dans un café à côté de ton bureau, vers 17h. Quand nous en sommes sortis, il faisait nuit noire, seuls les bars et les restaurants étaient encore ouverts. Quelle heure était-il ? Quelle importance !! Je t’ai raccompagné à ta voiture, je t’ai pris la main, tu as souri, l’air gêné fuyant mon regard et entrant dans ta voiture comme pour te protéger d’une sensation interdite. Les rencontres d’abord occasionnelles se sont faites habituelles, hebdomadaires, dans un premier temps, elles devinrent rapidement journalières, diurnes, nocturnes…

Notre première nuit ensemble, te souviens-tu ? est-il possible de trouver les mots pour décrire une telle chose ? Il faudrait sans doute en inventer : exceptiomagnificente, suréalisante, torrisismique ! Toutes les fois où nous avons fait l’amour, j’étais téléporté dans cette première nuit, je revivais les mêmes émotions, je m’abreuvais des mêmes sensations, irréelles et inchangées au fil des mois, des obstacles.
Car des obstacles il y en a eu, des dizaines, des centaines même, imprévus, prévisibles, contrôlés, toujours évités, de justesse parfois et au prix de mensonges à faire pâlir les mythomanes !

J’aurais été capable de bien davantage pour te garder quelques minutes supplémentaires auprès de moi. Chaque séparation m’enlevait une partie de moi, je me disloquais en toi au fil du temps, désireux de t’appartenir un peu plus chaque jour. Sans ta présence, ta voix, ta peau, tes mots, tes caresses, tes sourires, j’avais l’impression de sombrer peu à peu dans une atmosphère où l’oxygène se raréfiait minute après minute, tu étais devenue tellement vitale.
Chaque nouvelle rencontre redonnait un souffle de vie à mon quotidien, j’existais un instant, à travers toi, et puis tu repartais dans ton univers, me laissant succomber à mon agonisante asphyxie. Les moments passés à t’attendre devenaient de moins en moins supportables, je luttais toujours davantage pour parvenir à me passer de toi ne serait-ce que quelques heures. J’avais tout abandonné autour, je ne me consacrais plus qu’à toi. J’avais fait le vide de mes activités extra-professionnelles et j’avais congédié tous les amis qui avaient eu la sincérité de me donner leur opinion sur notre histoire, et le bon sens de me conseiller de te quitter tant qu’il en était encore temps. J’étais devenu l’ombre de toi-même…

Je me suis détruit à petit feu, consumé spontanément jusqu’à n’être plus que des cendres, des poussières de vie. J’avais besoin de plus. De plus de temps, de plus de place, de plus de toi. Sachant, sans même demander, que cela était impossible. Les règles du jeu étaient claires, pas d’officialisation, pas de changement dans ta situation, tu étais mariée et tu le resterais, tu ne pouvais pas me donner davantage. J’ai tenté de toutes mes forces de ne plus t’espérer, de croire que tu n’étais pas essentielle à ma vie. J’ai tellement essayé de te sortir de mon esprit que je me suis perdu moi-même. Je n’y ai gagné que le fait de te trouver encore plus indispensable…
Je n’en peux plus et aujourd’hui je ne vois nulle autre alternative que la lâcheté et la fuite pour sauver le semblant d’humanité qui reste encore en moi. Je pars, sans me retourner, loin de nous, je ne puis supporter encore un instant de te savoir promise à un autre avenir que le nôtre. Je meurs déjà sans toi, mais il faut que je m’échappe si je veux en réchapper, je sais que tu m’as déjà pardonné, je pars, sans me détourner…





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MessageMar 10 Nov 2009, 17:30:05 Répondre en citant
Bonjour la Fée, content de te revoir par ici
Faudra que je prenne le temps de relire ton texte avant d'y laisser un avis.
T'aime bien les inversions de rôle non ? Il me semble que c'est ton second dans ce genre.
kis
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Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant... parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle.
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MessageJeu 12 Nov 2009, 13:50:37 Répondre en citant
Le gros avantage des inversions de rôle, c'est qu'on est pas obligé de répéter que l'histoire, même écrite au "je", n'est qu'une fiction et pas du vécu. Même si certains détails peuvent l'avoir été pour pouvoir être racontés avec tant de force.

Ce texte est très fort dans les sentiments racontés, dans l'amour ressenti.

Mention spéciale pour ces passages :

Citation:
J’étais devenu l’ombre de toi-même…

Je me suis détruit à petit feu, consumé spontanément jusqu’à n’être plus que des cendres, des poussières de vie. J’avais besoin de plus. De plus de temps, de plus de place, de plus de toi.


Citation:
Je pars, sans me retourner, loin de nous, je ne puis supporter encore un instant de te savoir promise à un autre avenir que le nôtre. Je meurs déjà sans toi, mais il faut que je m’échappe si je veux en réchapper, je sais que tu m’as déjà pardonné, je pars, sans me détourner…


Je les ressens ces phrases, si vraies...

Une petite remarque sur l'orthographe :

J’ai tout aimé en toi, tout bénit, tout célébrer. - tout béni, tout célébré

Je vins vers toi, te lança - te lançais

C'est tout ce que j'ai relevé.

Bravo.
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Il était un foie, deux reins, trois fois rien... minuscule terrien, ou pas grand chose...
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Morgane
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MessageLun 16 Nov 2009, 14:01:40 Répondre en citant
Merci à vous deux !!
En effet, ça me plait bien de changer de sexe inopinément !!
A quoi sert l'écriture si ce n'est pas à se projeter dans un univers qui n'est
pas le notre ? En tout cas pour moi, c'est vraiment un outil d'évasion .

Merci pour les corrections Chrysopale, j'aurais pu les éviter en plus celles-là !!
Je suis vraiment une catastrophe orthographique !!!!
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Chrysopale
Pointe bic

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Humeur du Jour: Fermé pour cause d'inventaire

MessageLun 16 Nov 2009, 18:51:25 Répondre en citant
Pas de souci Morgane.

Quand je vois les fautes que je laisse parfois passer, j'ai honte...
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