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Cité de laïcité

 
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Terlam
Mine graphite

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Inscrit le: 19 Juin 2009
Messages: 14

MessageJeu 25 Juin 2009, 22:50:33 Répondre en citant
Alors là, c'est un peu plus corrosif... certains diront...tiré par les cheveux... Certains encore les auront dressés sur la tête...A vrai dire, celui-là m'a valu beaucoup d'insultes... pas de ma faute (Mais je l'aime beaucoup quand même...)
Certains diront aussi que c'est à chier, c'est selon.

Cité de laïcité

Cité de laïcité

Acte unique, scène unique.

Les élèves entrent. Brouhaha dans la classe. Chacun rejoint sa place mais reste debout.

- Le prof : Bonjour à tous. Vous pouvez vous asseoir. Je m'appelle Jacques Lefèbvre. Pour cette année scolaire, vous aurez le plaisir ou peut-être la désillusion de m'avoir comme professeur de français mais aussi comme professeur principal. Autant vous dire que les questions de discipline seront réglées par mes soins. Je vous conseille donc de rester discrets, de faire preuve d'un travail acharné et de vous respecter les uns les autres. J'en connais certains ici qui ont eu la bonne idée de ne pas obtenir leur baccalauréat en juin dernier. Je suis heureux de constater que mon jugement relatif à leur débilité profonde est maintenant justifié et officiel.
Y'a-t-il des questions ? (Silence)
Bien. (S'adressant à une élève au fond de la classe, elle porte un foulard sur la tête)
Quel est votre nom, mademoiselle ?

- L'élève : Samia Guidouchi.

- Le prof : Mademoiselle Guidouchi, inutile de vous cacher au fond de la classe, on ne voit que vous. (La jeune fille baisse la tête.) J'ai l'habitude des esprits retords et j'ai aussi pour habitude de les remettre en place, dès le début d'année. Comprenez-vous, mademoiselle Guidouchi ? (silence) Mademoiselle Guidouchi, vous portez sur la tête le signe ostensible de votre religion. Nous sommes dans une école laïque, je vous prie de retirer ce fichu. (silence)
Pouvez-vous nous répondre, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia : Je ne peux pas.

- Le prof : Que ne pouvez-vous point, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia : Je ne peux pas l'enlever.

- Le prof : Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ?

- Samia : Je ne peux pas, monsieur.

- Le prof : Dans ce cas, mademoiselle, moi non plus je ne PEUX PAS vous garder dans cette classe. Je vous prie donc de ramasser votre sac et de vous diriger vers le bureau du proviseur.

- Un élève : Monsieur, c'est dégueulasse !

- Le prof : Quoi ? Qu'est-ce qui est dégueulasse ? Qui parle ?

- L'élève : C'est moi !

- Le prof : Qui est ce moi ?

- L'élève : Raoul Dacosta.

- Le prof : Dacosta, Dacosta... Il me semble avoir déjà entendu parler de vous. Dacosta, ce nom me dit quelques chose... (Il réfléchit) Il me semble même avoir lu quelque chose à votre propos dans le journal. A la rubrique des faits divers sordides, certainement ! Allons monsieur Dacosta, rafraîchissez-nous la mémoire, de quel méfait avez-vous donc été l'auteur ?

- Raoul : J'ai gagné la médaille d'or du championnat régional de judo.

- Le prof : Tss... championnat.... Ne faîtes pas le malin Monsieur Dacosta, j'en ai maté de plus rusés que vous !

- Samia : Je voudrais rester en classe, monsieur.

- Le prof : Soit. Dans ce cas, enlevez votre voile.

- Samia : Ce n'est pas un voile, monsieur, c'est juste un foulard qui protège ma tête.

- Le prof : C'est la laïcité et la république qui protègent votre tête !

- Une élève : Oui, mais elles ne protègent pas des courants d'air ! (rires)

- Le prof : Je vois que vous le prenez tous sur un ton humoristique. Effectivement, l'effondrement de nos valeurs est d'une risibilité sans commune mesure ! Je suis mort de rire, comme vous dîtes entre vous. Remarquez, je préfère ça, que mourir sous le feu des croisés.

- Une élève : Je ne sais pas si la république tolère ce genre de propos, monsieur.

- Le prof : La république française appartient aux français, mademoiselle ! Libre à nous d'en changer les règles sans avoir à nous justifier devant le communautarisme étranger !

- L'élève : Je suis française, monsieur.

- Le prof : Tiens donc ? Quel est votre nom ?

- L'élève : Fatima Chedani.

- Le prof : Très bien. Remerciez pour cela les valeurs et le sol français, mademoiselle Chedani.

- Fatima : Je n'ai pas à remercier quiconque de ce que je suis, monsieur ; à part Dieu.

- Le prof : Enfin, le voilà le discours extrêmo-islamiste ! Vous ne portez pas de foulard, vous ?

- Fatima : Non monsieur, je ne le porte pas. Nous sommes dans un pays libre.

- Le prof : Je suis heureux de vous l'entendre dire ! Nous sommes libres de ne pas vouloir que s'agitent au fond de nos classes ces fichus revendicatifs et prosélytes. Nous devons protèger cette liberté !

- Fatima : Trop de liberté tue la liberté, monsieur.

- Le prof : Et qu'entendez-vous par là, mademoiselle Chedani ?

- Fatima : Je veux dire que sous prètexte de protèger votre liberté de ne pas voir Samia Guidouchi avec son foulard, vous la privez de sa liberté de le porter.

- Le prof : Mais la liberté, c'est une valeur commune à tout le monde, mademoiselle. La liberté, c'est le libre arbitre. La liberté, c'est le contraire de la soumission et le foulard de mademoiselle Guidouchi représente la soumission !

- Fatima : Oui, mais la soumission à Dieu, c'est peut-être pour elle le chemin de la liberté, monsieur.


-Le prof : Et bien c'est aux lois de la république que vous devez vous soumettre. La république ne laisse pas de place aux petites cuisines de chacun. Les valeurs et les notions de la république sont communes à tous. La république donne foi au libre arbitre et le libre arbitre vous impose de retirer ce foulard !

- Samia : Je respecte les lois de la république, monsieur.

- Le prof : Prouvez-le mademoiselle Guidouchi, enlevez ce foulard.

- Samia : Permettez-moi de le garder, monsieur.

- Le prof : C'est la république qui ne le permet pas, mademoiselle ! Si, comme vous dîtes, vous respectez la république, vous devez l'enlever.

- Samia : Je ne veux pas être privée des cours, monsieur.

- Le prof : Mademoiselle, est-ce que vous comprenez que je cherche à protèger votre liberté ?

- Fatima : Elle ne vous en demande peut-être pas tant, monsieur.

- Le prof : Est-ce qu'on demande à quelqu'un qui se noie la permission de le sauver ?

- Samia : Je ne suis pas en train de me noyer, monsieur.

- Le prof : Si ! Vous ne savez pas ce qui est bon pour vous. La perche que je vous tends est salvatrice, mademoiselle. En vous demandant de retirer ce foulard, je vous sauve de vous-même. N'avez-vous pas envie de vous promener cheveux au vent ?

- Fatima : On peut avoir peur de la tempête, monsieur.

- Le prof : La science vous permettra d'apprivoiser vos peurs des cyclones et des tempêtes ! La science balaiera d'un trait toutes vos superstitions. C'est sur la science, l'éducation et le progrès que vous devez parier. Il est là, l'avenir de l'homme. Cessez donc de croire à toutes ces idélologies archaïques et impalpables !

- Samia : Monsieur, je n'ai pas d'idéologie. Je voudrais simplement rester en classe avec mon foulard, parce que j'ai froid aux oreilles.

- Le prof : La république a des radiateurs et la laïcité vous chauffera les oreilles.

- Samia : Permettez-moi de garder mon foulard aujourd'hui, demain je viendrais avec une perruque.

- Le prof : Une perruque ? Et pourquoi pas un bouc et des lunettes noires pendant que vous y êtes ?

- Samia : Je suis obligée de cacher ma tête, monsieur.

- Le prof : Obligée par qui ? Vous contrevenez à la loi du 15 mars 2004 qui ne tolère aucun signe religieux au sein de l'école.

- Un élève : Monsieur, je suis circoncis, y'a t-il une partie de mon anatomie que je dois ne pas apporter en classe, au risque de contrevenir à cette loi ? (Rires)

- Le prof : Sortez monsieur Kamal ! Je sens que votre redoublement n'apportera rien ! Le baccalauréat pour des gens comme vous, c'est de la confiture qu'on donne aux cochons.
(Kamal sort. Silence. Tous le regardent.)
(A Samia) Mademoiselle, vous perturbez fortement la classe et votre camarade vient d'être expulsé du fait de votre insoumission.

- Fatima : Vous disiez tout à l'heure, monsieur que la liberté était le contraire de la soumission.

- Le prof : Cessez de jouer à ce petit jeu avec moi, mademoiselle Chedani ! Samia Guidouchi, pour la dernière fois, soit vous enlevez ce foulard, soit vous allez voir monsieur le proviseur.

- Samia : (En sanglots) : Je ne peux pas, monsieur.

- Le prof : Vous n'allez pas vous mettre à pleurer, maintenant ! Je vous demande simplement d'enlever votre foulard. Personne ne vous en voudra si votre brushing n'est pas soigné.

- Samia : (Suppliante) : S'il vous plaît, laissez moi le garder.

- Le prof : Je vous répète que ça n'est pas moi qui ne le permet pas, c'est la république !

- Samia : S'il vous plaît !

- Le prof : Allons, allons, soyez donc un peu plus courageuse que vos opinions. Montrez que vous n'avez pas peur d'enlever ce carré qui nuit à votre liberté.

- Samia : Je vous en prie !

- Fatima : C'est dégueulasse ce que vous lui faîtes, monsieur !

- Le prof : Je vous demande de vous taire, mademoiselle ! (A Samia) Allez, il faut conclure. Vous l'enlevez oui ou non ?
(Samia est effondrée, elle fait signe que oui). Et bien voilà ! Nous sommes sur le chemin du progrès. Nous attendons, mademoiselle Guidouchi.
(Samia pleure et s'exécute. Elle dénoue son foulard et découvre une tête chauve).
Et bien, que vous arrive t-il, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia (En pleurs) : Je n'ai pas de cheveux.

- Le prof : Je vois bien que vous n'avez pas de cheveux mais, est-ce encore une raison pour ne pas les montrer ?

-Samia : C'est le cancer.

- Le prof : Effectivement, certains appellent cela comme ça. Je vous ai dit que la laïcité vous guérira de ce cancer. Mais que vous est-il arrivé ? Vous a-t-on rasé le crâne ?
(Samia ne répond pas, elle est effondrée)
Je connaissais la lapidation mais je ne savais pas que certaines d'entre vous se voyaient raser le crâne !

- Fatima : Elle vous dit qu'elle est malade, monsieur. Elle a un cancer. Elle fait de la chimio, c'est pour ça qu'elle n'a pas de cheveux !

- Le prof : Mais il fallait le dire, mademoiselle ! La laïcité permet tout de même d'être malade. Cependant, il est inutile d'infliger à vos camarades le spectacle de votre décrépitude. Remettez donc votre foulard et retournez à votre place.
Très bien. Maintenant que le débat est clos, il me semble de bon ton de revoir quelques notions essentielles telles que la démocratie et la république.
Nous allons redéfinir ensemble les termes de liberté, d'égalité et de fraternité. Je crois que c'est une mise au point qui fera du bien à tout le monde.
(S'adressant à un élève du premier rang). Faîtes entrer Monsieur Kamal, qu'il profite aussi de cet enseignement salutaire.






FIN
LT
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Chrysopale
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MessageJeu 25 Juin 2009, 23:14:15 Répondre en citant
Une critique plus élaborée et plus détaillée plus tard si tu le souhaite, mais ce texte... je ne l'aime pas, et pour plusieurs raisons.

1. Il sonne complètement faux, les dialogues, tout ça, je n'arrive pas à imaginer la scène, ça ne se passerait pas comme ça (ou bien les élèves auraient créé la pagaille bien avant, ou bien le professeur aurait eu assez de jugeote pour faire la distinction entre un voile et un foulard pour couvrir la tête d'une cancéreuse).
2. Les idées. Ca rejoint le dialogue qui sonne faux sans doute. Le professeur étroit d'esprit, imbécile, est beaucoup trop caricatural aussi. Et un discours pareil, (là, il faudra que j'y revienne un moment où je suis moins fatiguée), est presque impossible à tenir. Il ne me semble même pas très logique en certains endroits.
3. Le fond : les religions, la laïcité, tout ça... les répliques sur la toute-puissance de la république. Sans doute mes convictions qui font ça, mais ça m'a hérissé le poil.

A revoir à tête reposée pour ma part...
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Plus on pédale moins fort, moins on avance plus vite...

Il était un foie, deux reins, trois fois rien... minuscule terrien, ou pas grand chose...
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Terlam
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Messages: 14

MessageVen 26 Juin 2009, 06:48:08 Répondre en citant
Merci Chrysopale ! M'en doutais...Il ne fait pas toujours l'unanimité celui-là...
J'ai appuyé justement, j'ai fais dans le caricatural, le bien gros, le bien gras et franchement je le reconnais sans gêne, c'était jubilatoire à écrire...Je ne l'ai même pas appelé ce prof, il s'est imposé à moi et s'est mis à me gueuler dans les oreilles... Wink
Mais ne soit pas trop dure, moi je pense qu'il est un peu moins creux que ce que tu en as pensé au premier abord. jap:
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Syane
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MessageVen 26 Juin 2009, 17:06:35 Répondre en citant
Dès les premières lignes, j'ai compris que le côté caricatural des propos était manifestement voulu comme un effet de style. C'est un parti pris, donc en principe le lecteur sait d'emblée qu'il ne doit pas se mettre en quête de réalisme ou prendre les dialogues tels quels au pied de la lettre.

Ceci dit, sur le fond, l'attitude du professeur par exemple, n'est pas absolument inimaginable en France, en tout cas. J'en ai croisé quelques uns qui n'étaient pas tellement éloignés de ce modèle. Les paradoxes, les incohérences aussi, n'épargnent pas l'école et l'enseignement, l'éducation au sens large. Par exemple, je me souviens d'une prof de français qui égrenait un chapelet tout au long de ses cours, alors que j'étais dans un établissement archi laïc (elle était un peu timbrée aussi, mais bref).

Plus largement, je trouve dans ce récit une allégorie illustrant assez bien, dans un genre spécifique, les débats particulièrement complexes sur la question de la laïcité qui ont eu lieu en France ces dernières années. Il est clair que le problème est loin d'être réglé.

J'ai remarqué que les opinions françaises qui s'expriment sur ce sujet sont bien plus radicales et sensibles qu'en Belgique par exemple (je suis française vivant en Belgique), ce qui est symptomatique du caractère explosif de la question. En Belgique, ce genre de confrontation mise en scène par Terlam serait pour le coup impensable, même dans un sens caricatural pour la bonne raison que ça ne caricaturerait rien d'existant. Les religions y sont beaucoup plus reconnues à part entière par l'Etat comme potentiellement d'utilité publique, les écoles affiliées à une religion sont publiques et bien plus répandues, de même que l'enseignement des religions (y compris dans les écoles laïques), et enfin il y a une tolérance culturellement installée concernant le port de signes religieux dits "ostentatoires".
Egalement, au-delà de la seule question religieuse, l'élitisme et l'assise de l'autorité semblent nettement plus prégnants dans l'enseignement français.
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Chrysopale
Pointe bic

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Inscrit le: 04 Mar 2009
Messages: 537
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MessageVen 26 Juin 2009, 18:57:43 Répondre en citant
Ceci explique donc cela...

Merci Syane pour ton commentaire éclairé sur la situation.
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Terlam
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Inscrit le: 19 Juin 2009
Messages: 14

MessageVen 26 Juin 2009, 19:16:05 Répondre en citant
Merci, Syane. Commentaire effectivement éclairé, réflexion intelligente, pensée et posée. D'accord avec toi concernant la Belgique, il me semble avoir entendu parler, là-bas, d'une euro-député en foulard ou peut-être au Pays Bas, je ne sais plus... pensif
Salutations particulières, Syane. jap:
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Yno
Stylo-plume

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Inscrit le: 15 Fév 2006
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Humeur du Jour: Presque

MessageVen 26 Juin 2009, 20:37:53 Répondre en citant
et bien je rejoins assez Chrys sur son opinion...
Même si on sent bien que le caricatural est délibéré, il est trop énorme pour que le message presque pas planqué derrière puisse s'épanouir.


Je note cependant cette phrase magnifique :

Citation:
J'en connais certains ici qui ont eu la bonne idée de ne pas obtenir leur baccalauréat en juin dernier. Je suis heureux de constater que mon jugement relatif à leur débilité profonde est maintenant justifié et officiel.


Si j'étais un croisement entre un prof crétinou et le mauvais caractère de Dr house (ah nan mais bon faut suivre les trucmuches de la télé parfois un peu juste comme ça) j'adorerais avoir la possibilité de dire ça.
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..." Ô temps ! suspends ton vol, merdeuh...
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Syane
Stylo-plume

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Inscrit le: 06 Mar 2007
Messages: 3 817

MessageVen 26 Juin 2009, 22:00:45 Répondre en citant
Yno a écrit:

Même si on sent bien que le caricatural est délibéré, il est trop énorme pour que le message presque pas planqué derrière puisse s'épanouir.

C'est-à-dire, que veux-tu dire par là ? Quel message ?
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Mathias38
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Inscrit le: 23 Juin 2009
Messages: 13
Localisation: grenoble

MessageSam 27 Juin 2009, 10:17:27 Répondre en citant
Bonjour, excuse-moi par avance de ma dureté dans mes propos, mais je suis moi-même prof et franchement ça sonne faux, je ne m'y retrouve pas du tout, notamment dans la confrontation prof/élève.
De plus la vraisemblance de l'histoire elle-même est en cause. Comment un élève arrivant avec un foulard sur la tête n'aurait pas été intercepté auparavant par un surveillant (certes de plus en plus rare) , un CPE ou un proviseur?
La question de la laïcité est un sujet sensible, certains sujets abordés dans cet extrait sont pertinents, notamment celui de la liberté et de ses limites, mais l'ensemble est à mes yeux trop caricatural.
En cours, notamment en histoire ou en français, la laïcité est un sujet qui revient de temps à autre, mais personnellement, et je crois que c'est le cas de la grande majorité de mes collègues, je suis très prudent lorsque j'aborde ce problème.
Pour résumé il faudrait remodeler en profondeur cette histoire, en la rendant peut-être un peu plus légère. Après tout, pourquoi le prof serait aussi aveugle?

Voilà, en espérant ne pas avoir été trop dur, sachant que la critique est facile, l'art est difficile...
____________________
Bonjour, j'écris et je voudrais avoir des avis objectifs sur ma production...
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Syane
Stylo-plume

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Inscrit le: 06 Mar 2007
Messages: 3 817

MessageSam 27 Juin 2009, 10:33:03 Répondre en citant
Mathias,
Les critiques sont parfaitement acceptées sur ce forum, du moment qu'elles sont construites, argumentées et formulées de façon courtoise. Ce qui me semble bien être le cas de la tienne. Smile
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toni
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Inscrit le: 27 Juin 2009
Messages: 9

MessageSam 27 Juin 2009, 13:49:37 Répondre en citant
Bravo pour cette nouvelle qui ne prend le problème de la laïcité que pour support, prétexte, pour dénoncer autre chose : l'incommunicabilité ou pire la bêtise humaine (c'est en tout cas comme ça que j'ai reçu ce récit). Le prof incarne le symbole du bien pensant, de celui qui détient la loi, qui est du côté de la morale... Toute cette puissance liée à son statut finit par l'exonérer de penser ! C'est une bourde pédagogique qui, lorsqu'elle est répétée en dit long sur les travers de la nature humaine. La règle sans l'esprit de la règle. C'est le problème des militaires, des flics, des magistrats et plus généralement de tous ceux qui sont du bon côté de la barrière. Certains profs sont très forts à ce jeu (même si je le répète, ce ne sont pas les seuls). Il m'est arrivé un peu la même chose en voulant à tout prix faire retirer la casquette à un élève considérant qu'il avait fauté sur le règlement intérieur. Sacrilège !! Pas de discussion ! J'avais raison, il avait tort. Point final ! (en fait s'il la gardait ce n'était pas par bravade ou autre fanfaronnade, mais simplement parce qu'il s'était coupé les cheveux lui même la veille et qu'il s'était lamentablement loupé !). Des histoires de voile il y en a hélas à la pelle (et si ce voile recouvre en fait des réalités multiformes !).
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Yno
Stylo-plume

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Inscrit le: 15 Fév 2006
Messages: 5 071
Localisation: pas assez près
Humeur du Jour: Presque

MessageSam 27 Juin 2009, 15:36:44 Répondre en citant
Syane a écrit:

C'est-à-dire, que veux-tu dire par là ? Quel message ?

la laïcité sujet clairement évoqué et par extension, l'acception des différences, des convictions de l'autre, la communication avec l'autre et l'étroitesse d'esprit.

En vérité, si je perçois bien le fond plutot riche et hardu de ce texte, j'accroche un peu moins sur sa forme. Smile
(mais ce n'est que mon avis qui n'engage que ma propre petite personne)
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..." Ô temps ! suspends ton vol, merdeuh...
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Coline Dé
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Inscrit le: 25 Juin 2009
Messages: 7
Localisation: un chaudron en Bretagne
Humeur du Jour: ludique

MessageVen 24 Juil 2009, 21:17:45 Répondre en citant
Si j'imagine ce dialogue dit par des marionnettes, il passe parfaitement, tu pourrais même en rajouter dans l'aspect pamphlétaire. Les textes très polémiques ont un côté jouissif qui peut nuire à la forme, on se fait plaisir sans être trop exigeant sur les points formels...
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Plus que tout, j'aime le rire libre qui lézarde les murs. juste pour la beauté des lézardes.
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