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LA REVOLUTION DANS L'OMELETTE

 
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Auteur Message
Terlam
Mine graphite

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Inscrit le: 19 Juin 2009
Messages: 14

MessageJeu 25 Juin 2009, 21:33:09 Répondre en citant
LA REVOLUTION DANS L’OMELETTE


Le Zèbre :
-Eh, l’ours ?
L’Ours :
-Ouais ?
Le Zèbre
-Ca va ?
L’Ours
-Je suis vidé !
Le Z
-Dure la cadence aujourd’hui, n’est ce pas ?
L’O
-Un vrai jour de noël !
Le Z
-T’as réussi ?
L’O
-Je crois qu’oui, je suis même à 125 %.
Le Z
-T’as fait 125% de tes objectifs ?
L’O
-Ouais. Il faut dire que je suis un peu aidé. Il y a pas mal de film qui sortent en ce moment au cinéma avec des histoires d’ours. Ca rameute les foules.
Le Z
-125% ça te fait combien de visiteurs, ça ?
L’O
-Je sais pas trop, il faudrait regarder sur le compteur. Et toi ?
Le Z
-Bô, tu sais les zèbres, ça n’intéresse plus personne !
L’O
-Pourquoi tu dis ça ?
Le Z
-Je suis qu’à 60. Je crois que je n’aurais pas de prime cette année.
L’O
-Il faudra en discuter avec le directeur, lui expliquer que les circonstances extérieures ne te sont pas favorables.
Le Z
-Je sais ce qu’il va me répondre, « tu restes trop dans ton coin, tu ne souris pas assez… » Sont marrants, comme ci c’était facile de sourire…
L’O
-Heureusement moi, on ne me demande pas de sourire, je dois faire le méchant. Parfois je montre mes dents. Je rôte, je pète pour montrer que je suis un véritable animal et c’est tout !
Le Z
-Je ne suis pas d’accord, la direction veut me forcer à manger les cacahuètes que les visiteurs me balancent. En haut, ils disent que c’est une façon de bien recevoir le client. Je ne vais pas changer ma nature, je déteste les cacahuètes !
L’O
-On ne peut pas te forcer à manger ce que tu ne peux pas, c’est dans la convention collective !
Le Z
-T’as entendu parler des horaires élargis ? Ils veulent ouvrir le zoo 24/24 !
L’O
-Ah bon ? Et quand est –ce qu’on va dormir ?
Le Z
-Ils vont nous filer des amphétamines, pour qu’on soient toujours éveillés. Fini l’extinction des feux !
L’O
-Bonjour l’extinction tout court !
Le Z
-Il faudrait en parler à la prochaine réunion.
L’O
-Tu parles, Il n’y a jamais personne qui ose l’ouvrir.
Le Z
-Ca, c’est parce qu’on est pas assez syndiqués. Il faudrait être plus solidaires ! Il faudrait former un groupe pour dire non !
L’O
-Non à quoi ?
Le Z
-Non à l’anthropomorphisme, non aux expérimentations animales, non à l’extinction des races, non à l’assujettissement de l’animal par l’homme, non à la pauvreté, non aux brimades, non à l’injustice !
L’O
-Tu me fais marrer, déjà qu’ils se bouffent entre eux. Comment veux-tu qu’ils prennent acte de nos considérations de bêtes !
Le Z
-N’est bête que celui qui veut l’être et moi, j’ose prôner la révolution.
L’O
-La révolution ?
Le Z
-Oui, la révolution. Nous entraînerions avec nous les plus faibles, hommes comme animaux. La misère est universelle. Le tout c’est de le vouloir, vouloir mener la lutte !
L’O
-Mais la lutte de quoi ?
Le Z
-La lutte contre l’injustice, l’avilissement, les dégradations morales occasionnées par les plus forts sur les plus faibles.
L’O
-Tu es un utopiste, mon zèbre.
Le Z
-C’est la volonté qui sépare l’utopie de la réalité.
L’O
-Les zoos sont pleins de philosophes à ce que je vois. Hier, l’éléphant parlait presque comme toi.
Le Z
-C’est qu’il en a marre, lui aussi de tendre la trompe quand on lui dit de le faire. Ne pas réagir, c’est se laisser mourir !
L’O
-Mais mon pauvre ami, te rends-tu compte que nous sommes déjà morts ? Tiens, si on te rendait ta liberté maintenant, crois-tu vraiment que tu pourrais retourner folâtrer dans les herbes folles de la lointaine jungle de tes ancêtres ? Tu n’es plus un animal, tu n’es pas un homme, tu n’es plus rien. Aujourd’hui, tu penses parce que l’homme en a décidé ainsi. Te rappelles-tu l’injection qu’on nous a faite ? Pourquoi a ton avis, nous ont-ils donné une mémoire, une pensée et même aujourd’hui la parole ? C’est pour que nous puissions calculer notre chiffre d’affaires, c’est pour que nous souvenions de nos clients comme s’ils étaient de notre famille. C’est pour penser aux stratégies commerciales les plus a-même de rapporter encore plus d’argent.. Nous ne sommes que des pions et c’est ainsi… Il n’y a pas de révolution qui tienne. L’argent à ficelé toutes les velléités de liberté, crois-moi.
Le Z
-Quel pessimisme ! Mais le libre arbitre, tu n’y crois pas au libre arbitre ?
L’O
-Mais mon ami, le libre arbitre ça n’existe pas. Tiens, même pas au football ! Et puis d’abord, comment veux-tu l’appeler ta révolution ? Celle des œillets et des tulipes, c’est déjà pris ; de même que la rouge et la orange.
Le Z
-Je l’appellerais la révolution du zèbre, elle sera représentée par un grand Z.
L’O
-Un grand Z ? Ca fera de beaux T-shirt ! Mais Z, ça me dit quelque chose… A mon avis, c’est déjà pris ! Aussi, prépare-toi à racheter des droits.
Le Z
-Qui te parle de vendre ou d‘acheter ? Je te parle de révolution !
L’O
-C’est la même chose.
Le Z
-Quel manque d’idéalisme, tu es bien un ours, va !
L’O
-Oui, et ça me va très bien comme ça. Quand à toi, tu n’as que des bêtes idées d’hommes. Tu penses comme eux et crois-moi il sera bien difficile de t’en éloigner pour parvenir à ta révolution.
Le Z
-Ma vraie nature, c’est d’être un animal et je veux faire intervenir mon libre arbitre pour reconquérir ma liberté.
L’O
-Mais la liberté comme on l’entend, c’est un rêve qu’on a mis dans la tête des petits pour les faire avancer. Personne n’est libre, tout le monde est soumis à quelque chose ; A l’argent, au sexe, aux sentiments, aux idoles…Crois moi, la voie de la liberté est la voie opposée à celles des révolutions comme on les entend aujourd’hui… La liberté, c’est la sérénité. On est libre que lorsqu’on n’est plus emprisonné par ses propres démons. On est vraiment libre que lorsque notre conscience est libérée de toutes les entraves d’ordre matérielle, morale ou intellectuelle. La révolution, la vraie, celle qui mène à la liberté, la vraie, elle ne se fait pas par les armes, elle passe par notre âme. Seulement, notre âme nous est beaucoup moins perceptible que les ennemis dont nous croyons être entourés.
Le Z
-Nous ne sommes que des animaux, il faut être très fin et très intelligent pour percevoir son âme.
L’O
-Il faut voir avec le cœur, le chemin du cœur mène directement à l’âme qui mène directement à la liberté.
Le Z
-Tu parles là d’une révolution intérieure ?
L’O
-C’est ça. La révolution, elle passe par toi-même mon zèbre, elle ne passe pas par les autres.
Le Z
-Pour le coup, c’est toi que je trouve bien utopique.
L’O
-Tu as donc si peu confiance en toi ?
Le Z
-Mais nous sommes tous des bêtes et qui plus est, enfermés dans un zoo. Nous mangeons à heure fixe, nous pointons à heure fixe et la selle aussi, nous la faisons à heure fixe.
L’O
-Tu as peur de tuer tes habitudes ?
Le Z
-Non, mais je dois pouvoir un jour posséder mon propre abri, je voudrais me marier et assurer ma descendance. J’ai envie de voir des tas de choses, j’ai envie de connaître la vie quoi !
L’O
-Et que vas-tu connaître de la vie, enfermé dans ton propre zoo ? Quand tu sauras t’affranchir de tes propres besoins mon zèbre, tu pourras parler de révolution. En attendant, je te conseille d’aller dormir, comme tu l’as si bien rappelé, nous pointons tous les deux à 8 heures, demain matin.
Le Z
-J’y vais, mais on peut dire que tu es vraiment fort pour casser ce qu’on appelle, une révolution dans l’œuf.


FIN
LT
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Yno
Stylo-plume

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MessageVen 26 Juin 2009, 20:14:08 Répondre en citant
dans la famille, j'ai bien aimé le texte, j'ai nommé Yno.
parce que oui j'ai bien aimé, blottie sur mon canap' à savourer ce texte et ma tasse de thé (oui bon d'accord c'était un reste de soda light de la veille en vérité...)

J'ai bien aimé disais-je donc ce dialogue de messieurs Z et O, même si, point faible qui n'en est pas un, le developpé de la révolution est sans surprise dans le genre rêves et idéaux.

Mais surtout, le choix du dialogue rend le tout très vivant.
Je les voyais presque l'ours et le zèbre...je voyais leur enclos, je voyais les visiteurs du zoo, je voyais le zoo...
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Latcho Drom
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MessageSam 27 Juin 2009, 17:03:59 Répondre en citant
Les majuscules pour le titre sont bien trouvées, que serait une révolution sans place, donc avec une taille plus imposante que le texte.
Je n'aime déjà pas les zoos, alors imaginer les animaux avoir les mêmes préocupations, les mêmes envies... que nous, ça m'attriste. Heureusement tu as bien mené ce dialogue.
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Je suis encadrée.
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aubin
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MessageSam 27 Juin 2009, 17:17:38 Répondre en citant
Yno a écrit:
j'ai bien aimé le texte,

J'ai beaucoup aimé

Yno a écrit:

Je les voyais presque

Je nous voyais presque
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Yno
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MessageSam 27 Juin 2009, 17:49:14 Répondre en citant
aubin a écrit:

Je nous voyais presque
aubin

tu veux dire nous les Hommes ?
____________________
..." Ô temps ! suspends ton vol, merdeuh...
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aubin
Pointe bic

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Inscrit le: 20 Mai 2005
Messages: 501
Localisation: ici et las

MessageSam 27 Juin 2009, 19:01:26 Répondre en citant
Yno a écrit:
aubin a écrit:

Je nous voyais presque
aubin

tu veux dire nous les Hommes ?


Je te concède que j'eus du écrire : "je nous voyais" ou mieux "je me voyais".
____________________

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MessageSam 27 Juin 2009, 22:04:09 Répondre en citant
je ne suis pas rentré dans l'histoire (bon j'avoue avoir été interrompu plusieurs fois durant ma lecture)
pour des questions de formes d'abord, le passage de L'Ours en L'O et Le Zèbre en Le Z m'a gêné
oui, je sais, je suis un être sensible
sur le fond non plus, comme un La Fontaire utilisait des animaux pour critiquer le monde dans lequel il vivait, eux semblent vouloir critiquer le monde actuel, rempli de critères d'exactitude, de rentabilité, mais celui qui le critique le plus longuement est le même à rappeler qu'ils doivent s'y soumettre, qu'ils doivent se coucher tôt, ce qui ne me semble pas cohérent.
J'aurai plutôt vu le zèbre être le plus véhément contre le monde dans lequel il vit plutôt que l'ours fataliste.
Et puis voilà fete
____________________
Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant... parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle.
Maurice Maeterlinck
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