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Mathias38
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Inscrit le: 23 Juin 2009
Messages: 13
Localisation: grenoble

MessageMar 23 Juin 2009, 18:44:50 Répondre en citant
Prologue

La môme ne sentait plus ses jambes. Les bruits stridents entendus quelques instants plus tôt devinrent de plus en plus étouffés. Tout juste à présent si elle sentait le tumulte qu’elle avait créé autour d’elle. Le tramway s’était enfin arrêté, mais il était trop tard. Ses yeux se fermèrent. Elle se souvint une dernière fois de ce qu’elle aimait. Elle en appréciait des ceci-cela, des quelques choses, insignifiants aux yeux de certains, fondamentaux pour d’autres, à commencer par les fleurs qu’elle aimait recevoir, mais qu’elle ne recevait plus et la nature qu’elle observait parfois. La montagne la laissait plutôt indifférente contrairement à la mer. C’était bête, d’ailleurs, parce que les montagnes étaient là, à portée de la main, alors que la mer, elle, était loin, trop loin... Elle rêvait ainsi de sable, de coquillages, de poissons. Elle aurait pu s’acheter un aquarium, seulement… c’était comme tous les animaux, il fallait s’en occuper. Sa mère disait toujours qu’il valait mieux laisser les animaux tranquilles que de les acheter et ensuite les abandonner au bord de la route. Céline était donc quelqu’un de sensible, et sensé, enfin, jusqu’à aujourd’hui... Le seul et véritable problème, c’est qu’il n’y avait qu’une chose qu’elle détestait, c’était elle-même, depuis toujours.
Elle ne vit pas la foule s’agglutiner ni le chauffeur hurler. Des usagers, désespérés, avaient déjà appelé les secours et rangeaient, tremblants et choqués, leur téléphone portable. Une flaque de sang s’étalait entre le corps écrasé de la jeune femme et la lourde machine. Il n’y avait malheureusement plus rien à faire. Céline se sentit partir au loin vers les rivages qu’elle désirait rejoindre. Elle n’entendit bientôt plus rien.

En France, près de 200 000 personnes font des tentatives de suicide chaque année et parmi elles, 12 000 parviennent à se donner la mort. Les hommes se suppriment plus volontiers que les femmes, les personnes âgées davantage que les jeunes. Pourtant, Céline était une jeune étudiante de 24 ans…

1


Sept heures trente. Grenoble. La capitale des Alpes s’éveillait en même temps que quelques-unes de ses centaines de milliers d’âmes. Le tramway charriait la foule des travailleurs et des étudiants à travers la ville. L’un d’eux se trouvait être un personnage que n’aurait pas renié Edward Hopper, un peintre américain du XX°siècle, qui réalisait des tableaux réalistes et sombres, dont les plus connus avaient comme décors des hôtels ou des bars. Après être descendu du tram, c’est vers ce genre d’endroit que se dirigea le petit homme.
Un bar, à l’intérieur duquel, trente secondes plus tard, une seule paire de mains prenait mécaniquement un café bien noir, sans sucre. C’était le premier client. Un visage rude, des cheveux en bataille, tout pour plaire, Lucien se réveillait lentement. Oui, Edward Hopper l’aurait bien apprécié ce gars-là, un peu tombé de son lit, un peu comme échoué sur la banquise. Il arrivait, tous les matins, à la même heure, sept heures trente et des poussières. Casimir, le patron, lui servait son breuvage bien fort, comme il l’aimait. Peut-être qu’il n’aurait pas dû cette fois-là, car le professeur était d’une humeur massacrante et se mit, cinq minutes seulement après son arrivée, à bougonner dans sa barbe.
- Vingt ans, ça fait vingt ans, marmonna-t-il, assis au comptoir, tortillant en tous sens son sachet de sucre.
- Qu’est-ce que tu dis mon Lulu ? s’étonna Casimir.
- Ça fait vingt ans que je suis dans le métier, reprit l’homme d’une voix plus forte, bien que tremblante.
Le patron, qui était occupé à essuyer un verre à pied, se sentit obligé de répondre que lui, ça ferait vingt-deux ans l’été prochain qu’il tenait son bistro. Casimir était quelqu’un d’humain. Il flairait la détresse à des kilomètres et il avait en face de lui un sacré spécimen. Ce dernier n’avait bu que deux gorgées de sa tasse et s’était engagé dans un monologue dont il avait le secret. À ce moment précis, il n’avait pas besoin que quelqu’un lui réponde et il ne fallait d’ailleurs pas ou il mordrait, le bougre.
- Vingt ans à dire aux élèves qu’il faut bosser pour arriver quelque part. J’en ai vu des numéros ! Dans ce métier, pas besoin d’aller au zoo, j’ai observé tout ce qui pouvait peupler cette planète : tigres, guépards, hyènes, zèbres…
Le patron, la serviette sur l’épaule, écarta les bras devant son client préféré et posa les mains sur son comptoir.
- Ce ne sont pas tous des bêtes quand même Lulu, tu y vas fort ! Y en a des sympas !
- Ouais, je sais Casimir. Par moment, tout se brouille, je ne distingue plus grand-chose. Où est le bien, où est le mal ? Je me le demande tout le temps…
Lucien regarda pendant quelques secondes, songeur, le mur en face de lui et constata amèrement que la trotteuse de sa montre avait traîtreusement avancé plus vite qu’il ne pensait. Il aimait bien arriver en avance sur le lieu de son travail. Il finit donc rapidement son café et posa une pièce de deux euros. Le patron lui rendit dans la foulée une pièce de cinquante cents.
- Bon, je vais arrêter de t’embêter, faut que j’y aille, ma ménagerie m’attend. Allez ! Salut Casimir, bonne journée !
- Salut Lulu !

*


En ce 23 mai 2008, Lucien quitta le café où il passait désormais la plupart de son temps. Le patron était devenu un ami, un confident même, écoutant ses turpitudes et ses soucis. Ce n’était pas un commerçant voyou qui contribuait au trou de la sécurité sociale, mais quelqu’un d’honnête qui ne servait plus ses fidèles clients lorsqu’ils avaient trop picolé. La Gondole, c’était son nom, n’était située qu’à quelques encablures du Lycée. Les lettres écrites en noir se détachaient nettement sur l’enseigne au fond bleu. Chaque matin, en s’éloignant, il se retournait pour voir si le bistrot était encore là. Il comparait La Gondole à un phare au milieu de nulle part ou presque, parmi des tours aussi hideuses les unes que les autres.
Il suffisait de traverser trois passages piétons en tout et pour tout, un trajet quasiment rectiligne, dévié au dernier moment sur la droite. Il restait ensuite à franchir une passerelle au-dessus de la rocade. Dix minutes à pieds suffisaient amplement. Sur le chemin, Lucien ne pouvait s’empêcher de continuer le monologue qu’il avait commencé dans le troquet. Cependant, il garda ses pensées pour lui, car, à chaque coin de rue, il pouvait tomber nez à nez avec l’un de ses élèves.
Ouais, vingt ans que j’appartiens à la grande maison, et qui nous remercie ? Le gouvernement ?! Ah, l’administration : ah ?! Certains élèves, faut pas toujours noircir le tableau. Il y en a bien quelques-uns chaque année pour le faire… Ce n’est pas eux qu’il faut blâmer… On est bien malade. Je ne les comprends pas, en tout cas, pas certains d’entre eux, quand même. Consommer, c’est tout ce qu’ils savent faire ! Tout ce qu’ils veulent c’est une BMW, une Audi, une Mercedes, une bimbo ? Et puis eux, est-ce qu’ils me comprennent ? Certains me regardent parfois avec des yeux de lobotomisés. Qu’est-ce qu’ils me veulent ? Je ne suis pas un extraterrestre !
Toujours la même chose en fait, une sale routine qui s’insinuait dans le cerveau du professeur. Le lycée professionnel Germain Stanislas était maintenant en vue. C’était un lycée de zone, comme l’on dit. Une mauvaise réputation, pas forcément justifiée. Les élèves n’étaient pas plus méchants qu’ailleurs, mais beaucoup d’entre eux étaient issus des quartiers les plus sensibles de l’agglomération grenobloise, qui était elle-même une plaque tournante de la drogue et un haut lieu du banditisme français… Dans ce contexte, les conditions pour étudier ou enseigner n’étaient pas des plus faciles.
Les cogitations de Lucien s’achevèrent lorsqu’il arriva sur le dernier obstacle, la passerelle, réservée aux piétons, située au-dessus du flot urbain. Ce dernier se trouvait déjà fort ralenti en cette heure matinale et Lucien se trouvait finalement chanceux de ne pas habiter loin de son travail et ne pas être ainsi englué dans les embouteillages. Il descendit encore quelques marches. Le grand bâtiment lui faisait face.
Lorsque l’on pénétrait dans cet espace particulier, un certain nombre de rituels étaient à respecter. Il fallait commencer par sortir sa clé pour passer la grille de l’entrée. On n’entrait pas comme ça au lycée… Lucien pénétra dans une cour toujours peu fréquentée avant sept heures cinquante. Seuls quelques élèves patientaient, juchés sur les bancs du préau. Les lecteurs mp3 et autres téléphones portables crépitaient. Lucien reconnut un morceau de Kerry James :

En d'autres termes, quatre murs ou quatre planches
T'es prévenu, y a pas un voyou qui fasse long feu
T'es prévenu, la rue ne t'offre que deux issues :
La mort ou la prison.

Il salua la dame de l’accueil et il monta ensuite les marches des escaliers qui menaient vers la salle des personnels. Regarder son casier, dire bonjour aux collègues, redescendre vers les salles de classe, longer une bonne moitié du couloir, ouvrir sa salle, sortir ses affaires, marquer éventuellement quelque chose au tableau… Des habitudes qui commençaient à l’agacer.
Trop de temps que ça dure ! Même plus un regard vers la caméra qui surveille le couloir. Des automatismes. Voilà ce que je suis devenu, se disait Lucien, un automate, un robot !
Prof, et si c’était vous ? Lucien repensait souvent à cette publicité qui passait à la télé à une certaine époque. C’était bien lui et, en attendant, le robot allait remonter jusqu’à la salle des professeurs attendre cette fichue sonnerie.
Des centaines, peut-être des milliers de feuilles d’informations, en tout genre, ornaient cet espace interdit à celui que certains appelaient pompeusement l’apprenant… Lucien et la plupart de ses collègues le nommait tout simplement l’élève. Lucien Tordo dit bonjour à tous ceux et celles qui étaient là, en train de prendre un café ou assis sur une chaise. Il les imita dans cette posture, même s’il se mit plutôt à l’écart de ses compagnons de travail, au fond, comme un mauvais élève. Il était absorbé dans ses pensées lorsqu’un homme bedonnant et jovial entra dans la pièce et salua chaque professeur. Il finit par arriver à la mine fatiguée qui le regardait avec des petits yeux tous les matins.
- Tiens, bonjour Monsieur Tordo, comment ça va, la forme ?
- Bien, Monsieur le Proviseur, bien.
Et encore heureux, se disait Lucien, que ce proviseur-là ne fût pas un salaud… sinon ce serait pire que de brûler en enfer… Jean-Sylvain Noirot était à la tête du lycée depuis trois ans. Quand il était arrivé, les enseignants rasaient les murs. La salle du personnel était appelée la salle des pleurs. Les profs s’y effondraient physiquement ou psychologiquement. Le bureau du proviseur lui-même résonnait encore des coups qu’avait donnés, un matin, un élève mécontent à son prédécesseur. Même si tout n’était pas parfait, les choses s’amélioraient petit à petit pour les plus optimistes. Pour les plus pessimistes, c’est-à-dire la majorité des enseignants, les maux de l’école étaient pour le moins nombreux…
Retour en salle de classe, avec les élèves cette fois-ci. Les vacances étaient proches. Beaucoup n’avaient pas envie de travailler, ça changeait ! Lucien aurait pu, de par sa longue expérience, faire une thèse sur ce phénomène. En fait, il était facile d’expliquer le comportement et l’état psychologique des fidèles représentants de la jeune génération. On pouvait tout mettre sur le dos du climat. En règle générale, le soleil les faisait plutôt partir, le vent et la neige les énervaient, la pluie et le froid les faisaient dormir… D’autres causes pouvaient aussi interagir : une élection politique, un attentat, un événement d’une importance extrême comme le match amical entre le F.C. Barcelone et l’A.C. Milan au stade Yokohama de Tokyo. TOUT pouvait jouer, le battement des ailes d’un papillon à l’autre bout du monde et VOTRE cours tournait au désastre !
- Aujourd’hui donc, nous allons faire dans le concret et essayer d’améliorer vos travaux d’écriture.
- Mais Monsieur, à quoi ça sert ? Sur l’ordinateur, vous tapez à peu près ce que vous voulez, le logiciel, comment il s’appelle déjà, Worrr quelque chose-là, il vous corrige toutes vos fautes !
Ah oui, l’ordinateur, pensait Lucien. Cette noble invention, qui permettait à certains élèves de se décérébrer le cerveau avant l’heure, en se prenant pour des soldats, à appuyer sur leur manette comme des sauvages jusqu’à deux heures du matin et d’arriver en cours complètement défaits. Superbe, magnifique et ultime. L’homme bientôt au service de la machine…
- Et après si vous avez des calculs à faire, c’est pareil, vous utilisez l’autre logiciel là, Essel et il vous fait tout !
- Ah oui, c’est vrai, à quoi ça sert ?…
Lucien, debout, leva les mains et les écarta en signe de désespoir. Il retourna s’asseoir à son bureau.
- Eh Hamed, après tu lui demandes aussi de te faire … Ahhh, s’esclaffa Jérémy.
- Qu’est-ce que tu dis toi, faut que t’arrêtes le teuschi !
- Mais maramé, dis pas ça devant le prof !
- Tu vas voir, attends qu’on sorte !
- Vous allez sortir tout de suite si vous continuez !
Deux heures plus tard…
- Mais Monsieur, on s’en fout qu’il y ait eu soixante millions de morts pendant la Deuxième Guerre mondiale ! Aujourd’hui, vous regardez la télé, y a des pays qui font aussi bien !
Lucien eut juste le temps d’acquiescer de la tête en signe d’approbation, tout en agitant latéralement les mains, afin de modérer les propos du jeune garçon, que Jérémy prit la parole :
- Arrête, dis pas de connerie, Staline c’était un boss, vingt millions de personnes qu’il a tuées, à lui tout seul ! Va essayer toi, t’en tueras tout juste dix et encore si t’as de la chance !
- T’inquiètes, je vais commencer par toi. Je vais commander un bazooka au quartier, tu vas voir et je vais venir, je vais tous vous tuer !
- Qu’est-ce que tu dis Hamed ?
- Rien, Monsieur, rien…
Heureusement qu’ils ne sont pas tous comme ça, se disait Lucien quelque peu affalé sur sa chaise…


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Syane
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MessageMar 23 Juin 2009, 20:24:52 Répondre en citant
Hello Mathias38

C'est un début de nouvelle, voire de roman ?
C'est un peu long pour un seul post : tu peux scinder en des formats plus courts, et poster en plusieurs fois ton récit afin de faciliter la lecture et donc encourager les commentaires qu'on pourrait te faire.

Je ne l'ai lu qu'une fois pour l'instant, mais j'y reviendrai.

Premières réflexions :

- Dans ton prologue, je pense que tu pourrais supprimer ceci :
"En France, près de 200 000 personnes font des tentatives de suicide chaque année et parmi elles, 12 000 parviennent à se donner la mort. Les hommes se suppriment plus volontiers que les femmes, les personnes âgées davantage que les jeunes. Pourtant, Céline était une jeune étudiante de 24 ans…"
Je trouve que ça casse un peu ce qui précède dans un sens artificiel et lourd : ça n'apporte pas grand'chose, au contraire j'aurais tendance à dire que ça amoindrit l'histoire particulière de Céline.

- Aussi, tu voudrais mettre l'accent sur quoi concernant Lucien ?
Plutôt sur son côté chroniqueur acerbe de l'évolution socio-économico-politique du monde ou plutôt sur une sorte d'introspection personnelle ?


Ah et bienvenue sur Place des Mots, par la même occasion ! Smile
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Mathias38
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MessageMar 23 Juin 2009, 20:32:51 Répondre en citant
Merci Syane. Ceci est le début d'un roman policier. Le chapitre 1 est la présentation du personnage de Lucien qui prendra une part active dans l'histoire plus tard.
Merci pour tes précieux conseils, je note...
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Latcho Drom
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Humeur du Jour: Excusez-moi du peu.

MessageSam 27 Juin 2009, 17:30:58 Répondre en citant
Je vais encore attendre la suite, hein Matthias. Smile
Et si c'est le début d'un roman policier, tu as déjà fait ou pensé à la 4e de couverture ?
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Je suis encadrée.
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Mathias38
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MessageSam 27 Juin 2009, 18:36:16 Répondre en citant
Mon premier souci, c'est de me faire éditer. Pour la quatrième de couverture, non je n'y ai pas pensé... La suite, bientôt...
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