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Fracacéphalées lalbehyrinthiques

 
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Lal Behi
Pointe bic

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Inscrit le: 04 Mar 2009
Messages: 69

MessageVen 10 Avr 2009, 13:24:24 Répondre en citant
Mais qu'est-ce que c'est que ce titre ? Nimportenawak, comme dirait l'autre ! Mr. Green

Le logogriphe griffu

Temps minime, ne finit ni ne respire.
Éternité me renie, m’imprime ses peines, me serine ses petites empreintes.
Dépérissement !

Temps impie, me mésestime et me serine : « Péris ! »
Ses impérities me nuisent, ses pistes ne me mènent en rien ; périmètres tempérés et ternes.
Errements !

Temps-termite, m’insère en ses tripes, m’inspire en ses tempêtes, tisse mes sentiments.
Me tire, m’étire, me prête ses tempes ternies et persiste en ses rimes, tristement…
Temps-risée me trempe, et ne rit ni ne sent ses premières prises
Me méprise
Prestement !
Me nie
Enterrement.
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Lal Behi
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Inscrit le: 04 Mar 2009
Messages: 69

MessageVen 10 Avr 2009, 14:20:45 Répondre en citant
La revenante (qui est d'ailleurs partie)

Je me demande ce que sera le temps demain.
Le bel été se termine, ses lumières se raréfient et tes yeux se séparent des miens. Tes paumes me caressaient ; elles se taisent désormais. Mes frémissements ne miment que des engelures. Adieu désir charnel, sens exacerbés de tes lèvres cruelles, sève extraite de tes reins délicieux et délictueux !
Le fantôme de tes odeurs rode encore, hésite, tergiverse … et déjà se dérobe. Les larmes sèchent, mes jambes évitent les mouvements, immobiles et passives ; elles attendent le lendemain et ses oubliettes mémorielles. Toute possibilité de néant serait une panacée, toute hypothèse de retour une catastrophe exquise.

Je me demande ce que sera le temps demain. Le vent se lève, se dresse, se révolte enfin, furieusement : le souffle parodie mes angoisses, mes peurs de solitude.
Je retire ce que mes lettres fiévreuses écrivent et te crie : « Reviens ! Même hautaine, même vilaine, même chienne, reviens ! »

Autre possibilité de déclaration enfiévrée (cette alternative est empreinte de douloureuse humilité) :
« Reviens, pitié, je crève !
Je crève de te sentir heureuse ailleurs
Je crève de mes rêves nocturnes et solitaires
Je crève… »
(‘Crever’ ne fleure certes guère le genre littéraire. En remplacement, je suggère : dépérir, se désoler, geindre, gésir et, évidemment, maudire et ses synonymes que je jette vers cette vipère de lubricité que je pensais aimer. Amertume ! Amertume !)

Et je cesse : les lemmes possédant le ‘e’ comme voyelle se multiplient presque géométriquement et je ne veux risquer de faire naître quelque ennui. Adieu lecteur !

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Lal Behi
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Inscrit le: 04 Mar 2009
Messages: 69

MessageLun 13 Avr 2009, 21:45:29 Répondre en citant
Texte libre (ou presque) titré : Mandragore


« Pousse-toi, je ne vois rien ! »

Mais Tim ne s’écarte pas ; au contraire, il s’ingénie à me cacher la vue. Il s’interpose entre la porte ouverte du salon et moi – nous revenons de l’école et les fermetures de son cartable qu’il a encore sur le dos me blessent le visage.

« Mais laisse-moi voir ! »

Tim ferme la porte sans bruit. Il se retourne au ralenti et son visage est pâle, si diaphane que je peux presque regarder à travers. Il s’éloigne pour téléphoner et je reste seul devant la porte close, close pour l’éternité, sans retour.

Plus tard, la sonnette d’entrée retentit et Tim, en grand frère responsable, prend la situation en main. Il parle aux adultes, avec raison et quelques tremblements. On me conduit avec douceur dans la cuisine ou quelqu’un me sert un chocolat brûlant.

Une agitation subite s’empare de l’appartement ; du salon émanent des bruits incongrus dont je ne peux qu’imaginer la signification. La pièce m’est interdite et pourtant, j’ai tout vu. Fugacement, mais j’ai vu. Vu le corps de Papa suspendu au lustre, son visage gonflé, indéfini entre le rouge et le blanc. Et les yeux surtout, comme ceux des poissons sur les étals. Vitreux. Fixes.

Et soudain des cris hystériques jaillissent : Maman est rentrée. Elle surgit dans la cuisine, flanquée de Tim dont elle broie l’épaule de ses doigts crispés. Elle me saisit également, avec violence, ses larmes dégoulinent dans mon cou. Tim tente de se dégager, il a encore pâli. Ses jambes se dérobent, il s’affale sur la table, projetant mon chocolat sur le chemisier de Maman. Ses hurlements redoublent devant la syncope de son fils – ou peut-être sous la brûlure causée par la boisson.

Je regarde, médusé, Maman flanquer des gifles à Tim en criant son nom comme si c’était lui qui était mort. Il revient vaguement à lui ; on le met d’autorité au lit. Et par un mystère dont seuls les adultes ont le secret, je m’y retrouve aussi. Comme si je pouvais trouver le sommeil.

J’écoute le brouhaha, d’autres personnes sont arrivées et je reconnais la voix de tante Suzanne. Elle va calmer le jeu, c’est sûr, vu qu’elle n’aimait guère Papa. Dans la chambre règne un silence de plomb. Tim ne dit pas un mot mais j’entends son cerveau fonctionner, ses neurones qui peinent à se connecter, sa conscience qui fuit l’évidence. Je l’appelle dans un murmure, il ne répond pas, mais je sais jauger son état à sa respiration.

Moi, bizarrement, je comptabilise les faits, je recherche des causes, j’émets même des hypothèses sur l’avenir. Tout demeure analytique, et c’est tant mieux ; quand l’information atteindra le cœur, elle créera un ravage sans précédent, un peu comme un cyclone d’épines, une tornade sanglante.

Le lendemain, tante Suzanne nous réveille. Un calme total s’est abattu. Maman est assise sur le canapé du salon, l’air hagard ; elle porte encore son chemisier taché qui forme avec son visage au maquillage dégoulinant un ensemble saisissant.

En levant la tête, je remarque que l’accroche du lustre où Papa s’est pendu est à moitié arrachée. Il faudra faire venir quelqu’un pour réparer ça.


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