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L'hommage d'Arwenn

 
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Auteur Message
Arwenn
Pointe bic

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Inscrit le: 09 Mai 2005
Messages: 6 889
Humeur du Jour: Et pourtant...

MessageJeu 13 Avr 2006, 15:12:12 Répondre en citant
Démo a écrit:
gage du 23/11 number two


Décris-nous une oeuvre (littéraraire, picturale, cinématographique,...) qui t'a troublée.

Interdit de parler de sexe.

Délai: quand les poules iront chez le dentiste pour se faire poser une moumoute




(un petit texte en hommage, écrit trop vite hélas sur le coup, mais c’est sorti ainsi !)

L'ORNIERE

C’est bien ma faute et je verse des larmes
Et je geins
Je me suis retrouvé dans une ornière profonde
Creusée par autrui
Je me fixais moi-même les buts
A choisir
Et maintenant, voilà, pas moyen de me tirer
de l’ornière
Elle a des bords abrupts, glissants
Cette ornière

Je maudis ceux qui l’ont creusée
Bientôt ma patience sera à bout
Et je décline comme un cancre
De l’ornière, avec l’ornière,
Mais pourquoi est-ce que je me sens mal :
J’ai du culot !

Après tout, les conditions sont normales
Dans cette ornière
Personne pour te rentrer dedans, pour t’acrocher
De quoi te plains-tu ?
Si tu veux aller de l’avant,
A ton aise !
Nourriture et boisson sont à discrétion
Dans cette bonne petite ornière
Et je me suis bien vite cnvaincu
Que je n’y étais pas seul.
Il n’y a qu’à rester comme ça, roue conte roue,
Et j’arriverai là où tout le monde va.
Quelqu’un a crié, hors de lui
-Eh, laisse-moi sortir !
Et il s’est mis à discuter avec l’ornière
Par bêtise.
Et dans la discussion il a brulé toutes ses réserves
De chaleur humaine.
Et ses soupapes ont lâché,
Et ses coussinets aussi.
Mais il a abîmé les bords de l’ornière
Et l’ornière s’est élargie.
Tout à coup, ses traces disparaissent.
L’andouille, on l’a trainé dans le fossé
Pour qu’ils ne puisse plus nous empêcher, nous qui sommes derrière
De passer par cette ornière creusée par autrui.
Moi aussi, j’ai des malheurs,
Mon démarreur coince
C’est plus une vie
Ca secoue dans tous les sens !
Il faudrait que je descende que je pousse !
Mais je n’en ai pas le courage,
Peut-etre que quelqu’un passera,
Et m’en sortira.
J’attends en vain de l’aide
Cette ornière, c’est un autre qui l’a creusée.
Si je pouvais régler mes comptes en boue et en rouille
Avec cette ornière creusée par autrui.
Une sueur froide me pénètre
Jusqu’aux os
Et j’avance un tout petit peu
Sur une planche.
Et je vois que les ruisseaux printaniers ont aplani le bord
Je peux sortir de l’ornière
Et je suis sauvé !
Mes pneus crachent de la boue
Dans cette ornière creusée par autrui.

Et vous derrière faîtes comme moi !
C’est à dire :
Ne me suivez-pas.
Cette ornière-ci, elle est à moi seul.
Pour vous en sortir, creusez celle qui sera la vôtre.

Trd. à peu près Marine Vlady




Qui serais-je aujourd’hui sans lui ?

Peut-être la même, peut-être avec les mêmes rencontres, les mêmes indices, les mêmes signaux, les mêmes carrefours sur mon chemin. Peut-être la même voie, la même voix retrouvée à un autre moment, un jour au détour d’une fréquence hertzienne, un autre jour à fureter dans une collection de 33 tours.
Peut-être serais-je très différente. Peut-être n’aurais-je jamais appris sa langue, peut-être n’aurais-je jamais été dans son pays, peut-être n’aurais-je pas rêvé à lui, sa personne, sa voix, sa signification. Et le destin n’aurait pas construit le même tricot, ne m’aurait pas conduite de fil en aiguille tomber dans les mêmes gouffres les mêmes écarts les mêmes découvertes.
Peut-être ne m’aurait-il pas entrainée dans son monde, son univers de richesses intérieures et de pauvreté extérieure, dans son époque où un couteau d'acier rougi planté dans un bloc de glace aurait été une image bien terne pour nous donner la couleur gelée et brûlante de tout ce peuple, ce peuple de trimeurs cagnards, forts et résignés, ce peuple que même le froid et la violence du silence laissent vivre.
Peut-être n’aurais-je jamais reçu ce cadeau, ce disque rare de la collection Melodia, qui m’a tant touchée, ce cadeau qui fit que je revins, qui fit que je retins le nom et le visage de celui qui me l’offrait, celui qui me ferait découvrir un vrai amour.
Peut-être serais-je restée en France, sans connaître les plaines blanches du ciel de Iaroslav, les voies de fer de l’immense Soviétique et les banquettes en bois des trains de banlieue moscovite, les routes crevassées de la pauvre et fière Ukraine.
Peut-être n’aurais-je jamais eu mes enfants.
Peut-être n’aurais-je jamais écouté, jamais regardé les mains des jeunes joueurs de guitare, au coin d’un feu de camp bien arrosé à la petite eau pure, jamais écouté les soixantenaires parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent plus connaître, un temps déjà perdu dans les méandres de l’Histoire, comme si le mur de Berlin n’avait jamais été qu’une ombre du siècle passé.
Peut-être n’aurais-je jamais compris qu’à l’autre bout du continent, il y a avait des gens pour souffrir et être heureux, quelles que soient leur manière de vivre et leur éducation, n’aurais-je jamais compris que l’humanité se ressemble tant dans tant de dissemblances.
Peut-être n’aurais-je pas fantasmé sur le visage si masculin, si éloquent d’un homme tout dans l’action, la flamme et les mots, peut-être n’aurais-je pas choisi cet homme-là comme un modèle de ce que peut être un homme et ce que j’en attends.
Si je n’avais pas grandi dans les inflexions de ses gutturales et de ses dures labiales, les accents forts et rageurs de sa voix rauque et de sa guitare tranchante, si mon père ne l’avait jamais écouté, moi enfant, si je n’avais pas passé des heures et des nuits à m’en abreuver, le mêlant à la voix lancinante du grand frère Jacques : me serais-je un jour réveillée, l’énergie au ventre, l’envie de vivre, de dire ?


Merci à Vladimir Vyssotsky, auteur-compositeur-interprète et acteur soviétique, pour ce qu’il apporta aussi à tant d'autres.



Dernière édition par Arwenn le Jeu 13 Avr 2006, 19:16:36; édité 5 fois
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Démo
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Humeur du Jour: Trop au lit pour être au Net

MessageJeu 13 Avr 2006, 15:39:13 Répondre en citant
Ammelle a écrit:



Merci à Vladimir Vyssotsky, auteur-compositeur-interprète et acteur soviétique, pour ce qu’il apporta à tant d'autres.



... merci à toi, également.
Je suis sans voix, là!


C'est un accident ou t'as vraiment l'intention de faire tes gages?
Fais attention, cela pourrait constituer une jurisprudence qui m'obligerait également à rédiger les miens.

____________________
Puisque j'te l'dis !
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Aladin
Plume d'oie

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Humeur du Jour: In Cauda venenum

MessageJeu 13 Avr 2006, 16:46:14 Répondre en citant
Pareil, sans voix. Toujours très impressioné par ton écriture.

(bon sang ! c'était lui le beau gosse ? !! Shocked )

Smile
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Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
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Arwenn
Pointe bic

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Humeur du Jour: Et pourtant...

MessageJeu 13 Avr 2006, 17:33:44 Répondre en citant
Aladin a écrit:


(bon sang ! c'était lui le beau gosse ? !! Shocked )

Smile


...eh oui Smile , c'est bien lui, et il n'est pas argentin... Wink
mais c'était pas loin !


en fait, Ether avait eu une intuition, car les thèmes de la cavale, du boxeur, de l'homme voyou sont très présents dans ses textes.
En revanche, ce qu'il a du séducteur, c'était d'avoir joué très longtemps le rôle de Don Juan, mais version sévère, version russe.
Pour le reste, il n'était pas particulièrement coureur. cry
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Arwenn
Pointe bic

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MessageJeu 13 Avr 2006, 17:59:43 Répondre en citant
Démo a écrit:

... merci à toi, également.
Je suis sans voix, là!


C'est un accident ou t'as vraiment l'intention de faire tes gages?
Fais attention, cela pourrait constituer une jurisprudence qui m'obligerait également à rédiger les miens.



(merci Démo. mais j'ai réédité pour les fautes, dsl)

nan, nan, je suis consciente de ce que je fais Mr. Green
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Ruth
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Humeur du Jour: dans mon jeune temps...

MessageJeu 13 Avr 2006, 18:15:23 Répondre en citant
Punaise! Ammelle! juste le jour où je me disais qu'il était peut-être possible, finalement, de ne pas forcément faire ce qu'on a à faire!!!



(quant aux beaux gosses (belles voix, belles âmes, beaux coeurs), c'est toujours comme ça avec eux: ils vous feraient presque croire au paradis rien que pour avoir une chance de les croiser un jour...)
____________________
debout!
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Arwenn
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MessageJeu 13 Avr 2006, 18:35:31 Répondre en citant
Ammelle a écrit:
Aladin a écrit:


(bon sang ! c'était lui le beau gosse ? !! Shocked )

Smile


...eh oui Smile , c'est bien lui, et il n'est pas argentin... Wink
mais c'était pas loin !


euh, ma remarque est sans doute un peu obscure, vu que l'Argentine et la Russie c'est pas la porte à côté a priori ! rire...

en fait dans ma vie, à l'adolescence, autour de moi il y avait deux nationalités : les Russes et les Argentins, d'où mon amusement à lire ton choix, voilà...c'était juste perso.
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Arwenn
Pointe bic

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MessageJeu 13 Avr 2006, 18:50:48 Répondre en citant
Sur le net francophone, des textes traduits :

http://pageperso.aol.fr/sarahstruve/Vissotski.html


et puis l'article de Wikipédia :

Vladimir Semjonovitch Vissotski
aussi traduit par Vissotsky, est né le 25 janvier 1938 et mort le 25 juillet 1980. Il est sûrement l'un des plus grands chanteurs de l'URSS et de la Russie.


Biographie
Après une enfance en RDA, il rejoint le théâtre de la Taganka où il commence sa carrière d'acteur, sa seule carrière officielle, au début des années 1960. En même temps, il commence à composer des poèmes et des chansons, partiellement politiques, mais généralement simplement « humaines ». En fait, au départ, ces chansons n'étaient pas destinées à un large public, et le succès était dû à un simple hasard. Lors d'une soirée entre artistes, un ami se décide à l'enregistrer. La cassette circule, est copiée, et ce n'est qu'à partir de là que commence sa carrière de chanteur.

Et encore, si carrière il y a. S'il est reconnu, à juste titre, par les autorités soviétiques comme acteur, ses chansons ne seront jamais autorisées (car ne correspondant pas à la politique artistique communiste) et, par conséquent et quelques exceptions près, jamais enregistrées en URSS. Officiellement du moins. Le succès ne se laissait pas attendre, et l'interdiction officielle ne faisait qu'accroître l'intérêt. Mais ce qui attirait le plus le public russe est que Vissotski arrivait et osait exprimer la vie de ses concitoyens. Malgré les interdictions circulaient de nombreuses copies illégales de ses chansons, et des concerts clandestins furent organisés régulièrement.

Suite à son mariage avec Marina Vlady, Vissotski eut l'occasion de sortir d'URSS, surtout en France et aux États-Unis, et d'y enregistrer quelques disques. Mais tel Alexander Vertinski un demi-siècle plus tôt, il ne pouvait s'acclimater dans un pays étranger, et rentrait rapidement après chaque départ.

Mais le travail constant (d'acteur et de chanteur), le manque de sommeil, l'alcool et le tabac d'un côté et les interdictions et la non-reconnaissance officielle du chanteur laissèrent beaucoup de traces. Vissotski mourut en 1980 d'une crise cardiaque à Moscou à l'âge de 42 ans en plein Jeux Olympiques. Malgré le silence des médias, une foule de quelques dizaines de milliers de fans lui rendit un dernier hommage lors de son enterrement. En réaction au décès de Vissotski, les autres bardes comme Boulat Okoudjava et Youri Vizbor composèrent leur chanson d'adieu. Même le chanteur politique polonais Jacek Kaczmarski, qui s'était en partie inspiré des chansons de Vissotski, rédigea son Epitafium Epitafium dla Wlodzimierza Wysockiego.




(mouias, on sent que l'auteur de l'article est Russe blanc, woui) Smile
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