Portail
 


||  Index  ||  Portail  ||  FAQ  ||  Rechercher  ||  Connexion  ||  S’enregistrer  ||
 
 
 Information importante 
Place des Mots ferme ses portes...
La beauté revue et corrigée par Aladin

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Place des Mots Index du Forum -> AU TOUR DE LA PLUME -> Retour de flamme
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Aladin
Plume d'oie

Hors ligne

Inscrit le: 28 Juil 2005
Messages: 2 176
Humeur du Jour: In Cauda venenum

MessageSam 22 Oct 2005, 17:04:53 Répondre en citant
Arwenn a écrit:
Gage de Ammelle à Aladin de la page de je ne sais plus


Allez, chose promise, chose due, je ne saurais te décevoir dans ton désir :
tu y as droit, à l'analyse de texte.

Je t'autorise à lui donner la forme la plus libre que tu lui souhaiteras : tu peux MEME juste nous dire avec tes mots à la suite ce que ce poème t'inspire.

Si j'ai choisi ce texte, c'est (aussi) parce que je sais qu'il a plusieurs commentaires de texte pour bacheliers sur le net. Ca peut te permettre de discerner les analyses intéressantes des inintéressantes.

C'était ça ou le portrait de Frédéric Moreau, le héros de l'Education sentimentale, parce qu'il est le modèle même du personnage velléitaire...de façon à te permettre de t'auto-analyser et voir si son regard et sa place dans l'univers correspondent à la tienne dans ton univers.
Enfin, si tu préfères, quoi.... Mr. Green



Voilà. Enfin et surtout, un fantasme à moi -pour changer - qui se réalisera : tu pourras m'appeler ta "maîtresse" le temps d'un gage. Wink

Délai : comme celui de Démo, quoi, pas plus, pas moins.

ps. si, si, je t'aime bien, voyons !


______________________________________________________



LA BEAUTE

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poëte un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poëtes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !


Baudelaire, les Fleurs du Mal.



CRENOM !!!!
(Crénom, et je pense à ce cher Bulles, qui m’a-t-on dit, ne croyait pas que je puisse être Untel d’un autre forum, parce que mon pseudo « Aladin » n’utilisait pas de jurons, ou en tout cas beaucoup moins )

Crénom !! parce que Crénom fut le dernier mot que pouvait prononcer Baudelaire rendu fou et aphasique par la syphilis. Crénom ! et est-ce que c’est toute la personnalité de ce géant de la poesie française qui s’est résumée, concentrée dans ce juron, cette exlamation indignée, furieuse, surprise….

Et moi, qu’aurais je choisi comme mot ? Et quel était l’autre mot, quand il savait encore en dire deux ?

Et c’est cet homme, durant les deux dernières années de sa vie ne savait plus que dire ses « crénoms » qui a écrit, dix avant sa mort, à 36 ans, mon age,

LA BEAUTE

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poëte un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poëtes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles


Alors, ce poèmes…quatre strophes symptomatiques sans doute de la mystique romanesque…la beauté y est personnifiée, idéalisée, surnaturelle, inatteignable, fascinante, une maîtresse cruelle qui ne se laisse pas approcher… et regarde avec compassion les malheureux qui prétendent se vautrer dans ses draps….et le poète est dès lors un amant transis, essayant de la saisir en vain, et se perdant dans son idée même…Le poète, victime extatique de ses puissants attraits…renvoyé à ses travaux, toujours et encore….La poesie, vécue comme un sacerdoce, la beauté élevée au rang de divinité qui se justifie en elle-même, et les poetes qui en seraient les prêtres, la sensibilité tellement seule vertue qu’elle en devient de la sensiblerie….

Je n’aime pas trop cette façon de voir. La beauté, elle est aussi dans une nouillette sortant de l’œuf à la coque…la beauté elle est là, quand on sait la voir, et on la fait, quand on sait s’en rendre compte.

Bref.
La forme du poeme.
Un sonnet, à l’heure où Verlaine écrivait

0 qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

A l’heure où Rimbaud, le génie précoce, ayant sans doute vu avant tout le monde que la forme rigoureuse transformait la poesie en exercice de style et montrait souvent plus la technicité du poete que ses tripes, à l’heure où Rimbaud, donc, jetait le bébé et l’eau du bain, se lançait dans la poesie en prose, avant d’aller vendre des armes en Arabie, Baudelaire, lui, s’enferrait dans la forme la plus classique, en représentait l’apothéose, avant que le genre soit relégué à l’histoire.
(Rimbaud le virtuose qui rejette les alexandrins, c’est Picasso qui se met au cubisme, c’est Coltrane, ou Davis, qui laissent le bebop pour le free jazz….c’est tout ceux qui se liberent de la forme pour mieux dire le fond…)

Bon, sinon, j’aime bien baudelaire, mais pas vraiment ce poeme. Le premiers vers est joli,
Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Mais les quelques suivants sont gnans gnans
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poëte un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;

Celui d’après est misérable
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;
Les deux suivant sont les seuls à retenir
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Et la fin est sans interet poetique, selon moi.

Les poëtes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles


Bon, il semble que je trouve rien à dire d’autre.

Sans doute pas fait avancer le schmilblick, mais au moins le gage est fait. J’aimerais, Ammelle, que tu nous montre ce que toi, tu aurais fait !!
kis
____________________
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
[Haut]
Arwenn
Pointe bic

Hors ligne

Inscrit le: 09 Mai 2005
Messages: 6 889
Humeur du Jour: Et pourtant...

MessageSam 22 Oct 2005, 17:55:02 Répondre en citant
Aladin a écrit:

Bon, il semble que je trouve rien à dire d’autre.

Sans doute pas fait avancer le schmilblick, mais au moins le gage est fait. J’aimerais, Ammelle, que tu nous montre ce que toi, tu aurais fait !!
kis


Eh bien, tu nous as dit ce que tu en pensais. jap:

Merci. Moi je ne demandais pas autre chose!

Te faire mon "corrigé " ? ça n'a pas de sens : je voulais tes pensées, ta lecture sur ce poème, pas te dire lesquelles elles "devraient " être. D'autre part, je n'ai rien à prouver, il n'y a pas d'enjeu dans cette affaire, sauf d'écrire.

Mais peut-être pour le plaisir ferais-je mon propre commentaire, quand j'en prendrai le temps.

Merci encore Aladin pour avoir quand même fait mon gage, malgré la polémique. Smile
[Haut]
Aladin
Plume d'oie

Hors ligne

Inscrit le: 28 Juil 2005
Messages: 2 176
Humeur du Jour: In Cauda venenum

MessageSam 22 Oct 2005, 18:18:58 Répondre en citant
Ammelle a écrit:
Aladin a écrit:

Bon, il semble que je trouve rien à dire d’autre.

Sans doute pas fait avancer le schmilblick, mais au moins le gage est fait. J’aimerais, Ammelle, que tu nous montre ce que toi, tu aurais fait !!
kis


Eh bien, tu nous as dit ce que tu en pensais. jap:

Merci. Moi je ne demandais pas autre chose!

Te faire mon "corrigé " ? ça n'a pas de sens : je voulais tes pensées, ta lecture sur ce poème, pas te dire lesquelles elles "devraient " être. D'autre part, je n'ai rien à prouver, il n'y a pas d'enjeu dans cette affaire, sauf d'écrire.

Mais peut-être pour le plaisir ferais-je mon propre commentaire, quand j'en prendrai le temps.

Merci encore Aladin pour avoir quand même fait mon gage, malgré la polémique. Smile


Ah mais oui, c'est bien ça que je demandais, ton commentaire, et non un corrigé de mes laborieuses cogitations !!! calins
____________________
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
[Haut]
Bulles de Nuit
Stylo-plume

Hors ligne

Inscrit le: 27 Avr 2005
Messages: 3 402
Localisation: Paris
Humeur du Jour: Collection Berardo

MessageSam 22 Oct 2005, 20:23:34 Répondre en citant
Aladin a écrit:
[Le premiers vers est joli,

Mais les quelques suivants sont gnans gnans



Celui d’après est misérable

Les deux suivant sont les seuls à retenir
Et la fin est sans interet poetique, selon moi.



Bon, il semble que je trouve rien à dire d’autre.




lol7:

et après on se demande pourquoi j'aime ce type...

calins
____________________
Ha ! très grand arbre du langage peuplé d'oracles, de maximes et murmurant murmure d'aveugle-né dans les quinconces du savoir...
[Haut]
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Place des Mots Index du Forum -> AU TOUR DE LA PLUME -> Retour de flamme Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  


Index | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com