Portail
 


||  Index  ||  Portail  ||  FAQ  ||  Rechercher  ||  Connexion  ||  S’enregistrer  ||
 
 
 Information importante 
Place des Mots ferme ses portes...
les métiers d'Aubin

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Place des Mots Index du Forum -> AU TOUR DE LA PLUME -> Retour de flamme
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
aubin
Pointe bic

Hors ligne

Inscrit le: 20 Mai 2005
Messages: 501
Localisation: ici et las

MessageDim 18 Déc 2005, 11:01:46 Répondre en citant
Ruth a écrit:
Puisque sur ton profil, il est écrit "retraité", tu vas avoir le temps de nous inventer un ou plusieurs métiers.

Des métiers qui n'existent pas encore mais dont on aurait bien besoin ou pas besoin du tout. Des métiers que tu aurais voulu faire, ou surtout pas.

Il faudra que tu nous en donnes le nom, les conditions pré-requises,
la formation nécessaire, et la définition.


Délai: avant que je sois à la retraite.




Mille métiers, mille misères.
Dans ma vie d'errance j'ai fait, ici ou là, mille métiers sans importance pour la plupart. Qu'on en juge par quelques échantillons : dépasseur de barres, clerc-obscur, déformateur de disques durs, encenseur de catafalques, montreur du doigt, trompe-l'amor, et encore bien des emplois de peut. Ce n'est pas de ceux là que je vais vous entretenir mais plutôt des métiers que je rêve de faire quand je serai grand. Malgré mon grand âge et ma petite taille ( je parle de la hauteur ) je n'ai encore jamais trouvé la réponse à cette question qui perturbe tant les enfants : "quesse tu veux faire quand tu seras grand ?"
Ces temps, je me la suis posée avec acuité. Pensionné de vieillesse, j'en avais le loisir il faut dire. La vie ne vous laisse pas toujours le choix, il faut subvenir cela empêche parfois de vivre. Enfin plutôt de réaliser.

J'ai eu d'abord une furieuse envie devenir éclateur de bouton. Plus justement libérateur de bouton.
C'était qu'un bouton me tracassait. Qui saura combien d'agacements le bouton haut de ce pyjama a provoqués ? Savez vous ? C'est après m'avoir vu haletant devant ce bouton que TEX AVERY a inventé son loup dont la langue se disproportionne jusqu'au sol, dont les yeux s'exor-bitent, dont un organe part furieusement de l'avant sous l'habit. Je vous jure que c'est vrai, juré, craché.
Un bouton singulier qui provoque ma fronde
Un bouton malvenu, geôlier du giron de....
Ne comptez pas sur moi pour clamer à la ronde
Le nom de ceste là que l'on voit si gironde.
De tous lieux, de cent lieues on voit monter la gronde
Les huées se déchaînent, sus au bouton immonde.
Qui pourra, quel moyens, je veux que l'on abonde
D'efforts, arts, artifices, de tous moyens au monde
Pour qu'enfin se libère de ces étangs la bonde.

Retenez moi, ou je fais un malheur...

Puis je me suis dit qu'une envie, même outrancière, ne faisait pas un métier.

Une mienne correspondante de la toile, qui dépassa naguère les 80 ans, mais oui il en est, me disait combien son âge la frustrait. Les travaux de couture que tant elle avait aimés ne lui étaient plus accessibles. Même avec de bonnes lunettes elle ne savait plus trouver le chas de son aiguille et, si par miracle elle le trouvait, les tremblotements de sa main jadis si habile, si enveloppante, si précise, si insinuante dans les replis de l'étoffe ne permettaient pas l'achèvement de sa tache. Je m'étais dit alors devant sa détresse, devant surtout ma compassion à cette détresse, que je pourrais faire métier d'enfiler les aiguilles pour les vielles dames.
Sur ce sont arrivées les sarkoziades récentes, les cérémonies des flammes ou les djeunes racailles brûlaient leurs espoirs et j'ai eu une illumination : Non, ce n'était pas un métier pour moi mais bien pour ces jeunes si pleins de la vie qu'on leur refuse. Pensez vous qu'il puisse exister moyen plus puissant d'intégration que d'introduire ces garçons pleins de vigueur dans les intérieurs des mamies charmantes ? Ainsi ils profiteraient mutuellement : eux d'une marraine qui leur permette de préparer l'avenir, d'une première expérience professionnelle, d'une plongée dans l'intimité de leur pays, elles de ces trop-pleins disponibles pour pallier leurs petites misères. Que l'on ne me dise pas que solvabiliser ces emplois n'est pas évident, on rémunère bien des postes moins utiles.


Mais en fait bien plus fort que tout cela, j'ai enfin trouvé ma vocation. Indiscutable, évidente.
Je veux devenir représentant de commerce en petits Saints.
J'aurais pu dire héraut, chantre, proclamateur. Mais non. Représentant de commerce est bien plus joli. Etre celui qui représente les petits Saints, qui va faire savoir leurs capacités à qui peut l'entendre, va dire le vrai, faire découvrir les charmes extrêmes des petits Saints, en montrer les pouvoirs, c'est bien ce qui m'est impérieux. Et avoir commerce avec les petits Saints est à l'évidence la clef de ma plénitude.
C'est que tout le monde n'en a que pour les Saints d'importance, ceux qui se poussent du col, ceux qui prétendent siéger à la droite du Père. Mais observez : Les approcher est chose bien ardue tant il y queues en attente. Si par merveille vous réussissez l'approche, outre que derrière on vous pousse pour prendre la place, vous découvrez que ces Saints rengorgés ont besoin pour leur soutien de chasses encombrantes, d'ostensoirs surchargés et qu'il est fatiguant et peu assuré d'arriver à les sentir en leur vérité. Les petits Saints quant à eux pointent vigoureusement, sans peine, sans lassitude, sans relâchement, vers notre meilleur .
Alors les petits Saints ne sont pas à la droite du père ? On ne les trouve pas dans les cathédrales mais dans les chapelles ? On ne parle pas d'eux chez hard-i-con ? C'est vrai ! Mais les sentiers pour découvrir ces chapelles sont les plus charmants, les plus riants, les plus gorgés de soleil, de chants d'oiseaux, de senteurs fraîches. Pas d'encens, mais violettes, coquelicots. Pas de grandes orgues mais musique intérieure qui ne transporte pas qu'un instant. Les petits Saints se montrent en leur simplicité, point de bousculade pour y accéder, point d'agenda overbooké, point de surmenage. Croyez moi ce sont eux qui sauront exaucer vos plus chères prières, qui vous mèneront durablement à l'extase mystique, qui vous conduiront le plus sûrement au paradis, pas à la droite du Père, là ou les courtisans chantent tout le jour leurs louanges, non, plutôt en ces lieux de mousses fraîches, de clartés indicibles, de transports élevés. Les petits Saints sont plus prés du cœur.

En fait voilà, j'ai exercé le métier qui m'attendait depuis toujours. Il est temps pour moi de me retraiter, c'est à dire d'adorer les petits Saints sans plus chercher à convaincre. Quoi ? Contemplatif moi ? Ça va pas la tête ?


Dernière édition par aubin le Lun 19 Déc 2005, 14:08:00; édité 2 fois
[Haut]
Morgane
Stylo-plume

Hors ligne

Inscrit le: 05 Nov 2005
Messages: 1 003
Localisation: loin, loin, très loin...
Humeur du Jour: je sais plus...

MessageDim 18 Déc 2005, 11:46:54 Répondre en citant
aubin a écrit:
Sur ce sont arrivées les sarkoziades récentes, les cérémonies des flammes ou les djeunes racailles brûlaient leurs espoirs et j'ai eu une illumination : Non, ce n'était pas un métier pour moi mais bien pour ces jeunes si pleins de la vie qu'on leur refuse. Pensez vous qu'il puisse exister moyen plus puissant d'intégration que d'introduire ces garçons pleins de vigueur dans les intérieurs des mamies charmantes ? Ainsi ils profiteraient mutuellement : eux d'une marraine qui leur permette de préparer l'avenir, d'une première expérience professionnelle, d'une plongée dans l'intimité de leur pays, elles de ces trop-pleins disponibles pour pallier leurs petites misères. Que l'on ne me dise pas que solvabiliser ces emplois n'est pas évident, on rémunère bien des postes moins utiles.


Si Nicolas pouvait te lire... lol2


Bise et merci pour ce texte qui fleure bon lire
en ce dimanche matin.
bravo
____________________
On s'habitue à tout, même à l'enfer...
[Haut]
Onde
Invité

Hors ligne




MessageDim 18 Déc 2005, 23:15:17 Répondre en citant
Excellent... lol7: Je comprends mieux ton commentaire sur un autre topic !

Bravo Aubin, très joli texte ! Tu devrais te faire gager plus souvent, dit Onde qui n'a pas fait un seul de ses gages Rolling Eyes (si si, j'ai honte, je vous jure !)
[Haut]
aubin
Pointe bic

Hors ligne

Inscrit le: 20 Mai 2005
Messages: 501
Localisation: ici et las

MessageLun 19 Déc 2005, 14:06:56 Répondre en citant
Ruth a écrit:
Aubin président !


comment as tu su ?
[Haut]
Démo
Stylo-plume

Hors ligne

Inscrit le: 11 Mai 2005
Messages: 8 960
Humeur du Jour: Trop au lit pour être au Net

MessageLun 19 Déc 2005, 14:30:42 Répondre en citant
aubin a écrit:
... Ça va pas la tête ?


bound

Merci

lol2

T'a déjà essayé la profession de tordeur de renard?

Tu aurais de l'avenir...
[Haut]
Aladin
Plume d'oie

Hors ligne

Inscrit le: 28 Juil 2005
Messages: 2 176
Humeur du Jour: In Cauda venenum

MessageJeu 05 Jan 2006, 13:34:36 Répondre en citant
aubin a écrit:
Mille métiers, mille misères.
Dans ma vie d'errance j'ai fait, ici ou là, mille métiers sans importance pour la plupart. Qu'on en juge par quelques échantillons : dépasseur de barres, clerc-obscur, déformateur de disques durs, encenseur de catafalques, montreur du doigt, trompe-l'amor, et encore bien des emplois de peut. Ce n'est pas de ceux là que je vais vous entretenir mais plutôt des métiers que je rêve de faire quand je serai grand. Malgré mon grand âge et ma petite taille ( je parle de la hauteur ) je n'ai encore jamais trouvé la réponse à cette question qui perturbe tant les enfants : "quesse tu veux faire quand tu seras grand ?"
Ces temps, je me la suis posée avec acuité. Pensionné de vieillesse, j'en avais le loisir il faut dire. La vie ne vous laisse pas toujours le choix, il faut subvenir cela empêche parfois de vivre. Enfin plutôt de réaliser.

J'ai eu d'abord une furieuse envie devenir éclateur de bouton. Plus justement libérateur de bouton.
C'était qu'un bouton me tracassait. Qui saura combien d'agacements le bouton haut de ce pyjama a provoqués ? Savez vous ? C'est après m'avoir vu haletant devant ce bouton que TEX AVERY a inventé son loup dont la langue se disproportionne jusqu'au sol, dont les yeux s'exor-bitent, dont un organe part furieusement de l'avant sous l'habit. Je vous jure que c'est vrai, juré, craché.
Un bouton singulier qui provoque ma fronde
Un bouton malvenu, geôlier du giron de....
Ne comptez pas sur moi pour clamer à la ronde
Le nom de ceste là que l'on voit si gironde.
De tous lieux, de cent lieues on voit monter la gronde
Les huées se déchaînent, sus au bouton immonde.
Qui pourra, quel moyens, je veux que l'on abonde
D'efforts, arts, artifices, de tous moyens au monde
Pour qu'enfin se libère de ces étangs la bonde.

Retenez moi, ou je fais un malheur...

Puis je me suis dit qu'une envie, même outrancière, ne faisait pas un métier.

Une mienne correspondante de la toile, qui dépassa naguère les 80 ans, mais oui il en est, me disait combien son âge la frustrait. Les travaux de couture que tant elle avait aimés ne lui étaient plus accessibles. Même avec de bonnes lunettes elle ne savait plus trouver le chas de son aiguille et, si par miracle elle le trouvait, les tremblotements de sa main jadis si habile, si enveloppante, si précise, si insinuante dans les replis de l'étoffe ne permettaient pas l'achèvement de sa tache. Je m'étais dit alors devant sa détresse, devant surtout ma compassion à cette détresse, que je pourrais faire métier d'enfiler les aiguilles pour les vielles dames.
Sur ce sont arrivées les sarkoziades récentes, les cérémonies des flammes ou les djeunes racailles brûlaient leurs espoirs et j'ai eu une illumination : Non, ce n'était pas un métier pour moi mais bien pour ces jeunes si pleins de la vie qu'on leur refuse. Pensez vous qu'il puisse exister moyen plus puissant d'intégration que d'introduire ces garçons pleins de vigueur dans les intérieurs des mamies charmantes ? Ainsi ils profiteraient mutuellement : eux d'une marraine qui leur permette de préparer l'avenir, d'une première expérience professionnelle, d'une plongée dans l'intimité de leur pays, elles de ces trop-pleins disponibles pour pallier leurs petites misères. Que l'on ne me dise pas que solvabiliser ces emplois n'est pas évident, on rémunère bien des postes moins utiles.


Mais en fait bien plus fort que tout cela, j'ai enfin trouvé ma vocation. Indiscutable, évidente.
Je veux devenir représentant de commerce en petits Saints.
J'aurais pu dire héraut, chantre, proclamateur. Mais non. Représentant de commerce est bien plus joli. Etre celui qui représente les petits Saints, qui va faire savoir leurs capacités à qui peut l'entendre, va dire le vrai, faire découvrir les charmes extrêmes des petits Saints, en montrer les pouvoirs, c'est bien ce qui m'est impérieux. Et avoir commerce avec les petits Saints est à l'évidence la clef de ma plénitude.
C'est que tout le monde n'en a que pour les Saints d'importance, ceux qui se poussent du col, ceux qui prétendent siéger à la droite du Père. Mais observez : Les approcher est chose bien ardue tant il y queues en attente. Si par merveille vous réussissez l'approche, outre que derrière on vous pousse pour prendre la place, vous découvrez que ces Saints rengorgés ont besoin pour leur soutien de chasses encombrantes, d'ostensoirs surchargés et qu'il est fatiguant et peu assuré d'arriver à les sentir en leur vérité. Les petits Saints quant à eux pointent vigoureusement, sans peine, sans lassitude, sans relâchement, vers notre meilleur .
Alors les petits Saints ne sont pas à la droite du père ? On ne les trouve pas dans les cathédrales mais dans les chapelles ? On ne parle pas d'eux chez hard-i-con ? C'est vrai ! Mais les sentiers pour découvrir ces chapelles sont les plus charmants, les plus riants, les plus gorgés de soleil, de chants d'oiseaux, de senteurs fraîches. Pas d'encens, mais violettes, coquelicots. Pas de grandes orgues mais musique intérieure qui ne transporte pas qu'un instant. Les petits Saints se montrent en leur simplicité, point de bousculade pour y accéder, point d'agenda overbooké, point de surmenage. Croyez moi ce sont eux qui sauront exaucer vos plus chères prières, qui vous mèneront durablement à l'extase mystique, qui vous conduiront le plus sûrement au paradis, pas à la droite du Père, là ou les courtisans chantent tout le jour leurs louanges, non, plutôt en ces lieux de mousses fraîches, de clartés indicibles, de transports élevés. Les petits Saints sont plus prés du cœur.

En fait voilà, j'ai exercé le métier qui m'attendait depuis toujours. Il est temps pour moi de me retraiter, c'est à dire d'adorer les petits Saints sans plus chercher à convaincre. Quoi ? Contemplatif moi ? Ça va pas la tête ?


bravo

pfff....on voit que tu as une forte inspiration...une muse ??
____________________
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
[Haut]
aubin
Pointe bic

Hors ligne

Inscrit le: 20 Mai 2005
Messages: 501
Localisation: ici et las

MessageDim 08 Jan 2006, 15:27:20 Répondre en citant
Aladin a écrit:

pfff....on voit que tu as une forte inspiration...une muse ??


Une muse ?
non, ce mot ne ressemble pas à ce que je ressens avec des personnes de place.
je pique parfois des choses qui trainent pour écrire, alors oui je m'inspire de tel ou telle. mais je n'ai pas de muse.
[Haut]
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Place des Mots Index du Forum -> AU TOUR DE LA PLUME -> Retour de flamme Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  


Index | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com