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Démo ventre à terre

 
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Démo
Stylo-plume

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Messages: 8 960
Humeur du Jour: Trop au lit pour être au Net

MessageLun 08 Mai 2006, 22:01:03 Répondre en citant
Wiliam kain a écrit:
Démosthène ventre-à-terre


Twisted Evil Démosthène, voici ton gage:

Fais-nous vivre la course effréné d'un renard. Course pour quoi ? Contre quoi ? Ou contre qui ? A toi de voir !! Chasseur ou chassé, le renard court toujours. Qu'on sente son souffle, sa peur ou son excitation, les branches basses qui le fouettent, le bruit proche de la proie ou du chasseur !

Taille du texte: au minimum 1000 (mille) mots
Délai: trois semaines calendaires.

Mr. Green


Bon allez, je le poste comme ça...


« C’est ridicule, j’vais me faire gauler ! J’ai une chance sur cent de réussir. Y’a des clébards qui traînent partout. Ils vont me massacrer. Je m’casse ».

Renard fait quelques pas en arrière, abandonne la dizaine de mètres qu’il avait conquis sur sa frousse, s’arrête de nouveau. Ses yeux, animés de mouvements incessants, scrutent toutes les images envoyées par ses pensées spéculatrices parties en éclaireur. Les doigts, non conviés à cette réflexion au sommet, viennent chercher un peu de plaisir en frottant doucement la barbe naissante. Les poils roux se relèvent puis s’abaissent sous les caresses des ongles. Le visage, le cou se détendent. Les évocations sont maintenant plus optimistes.
Le regard de l’homme s’immobilise, fasciné par une vision, probablement un mirage.
Renard commence à danser imperceptiblement d’un pied sur l’autre. Il berce son illusion.
« Si je réussis, quelle belle anecdote j’aurai à raconter…! »

Il relève la tête, effectue un clin d’œil à l’attention de la lune. Elle ne lui répond pas.
Il sourit : qui ne dit mot consent, c’est un signe, les astres l’accompagnent.
« Je dois courir ma chance ; ça va marcher, j’en suis sûr !»

Debout, genoux à terre puis à plat ventre, il longe les plantations. Il avance avec assurance et conviction. Même le parfum des lilas ne parvient pas à le distraire de son objectif.

Le parc se révèle étonnamment vide. Seul, l’ancêtre de la princesse, pétrifié sur son socle, offre un point d’ancrage à ses yeux puis un dérivatif à ses pensées.
« Pauvre sénile ! C’est donc ça l’image que tu voulais laisser à la postérité ? Un homme guindé à la paire de couille dissymétrique ! Tiens, ma prochaine mission sera de te rééquilibrer tout ça ! ».

Renard reprend une grande respiration puis son chemin de croix.
Après un nouveau quart d’heure de progression lente, il les aperçoit enfin!
Eux, fiers molosses, musculature saillante, bave aux lèvres, tout droit sortis d’un cartoon de Tex Avery.
Et puis elles… La vie du rusé personnage ne tient plus qu’à un fil. Celui auquel elles sont pendues !
« Les clebs sont en contrebas. Ils devront faire un détour de trois cents mètres pour me rejoindre. S’ils sont un peu cons, je peux même espérer qu’ils optent pour la ligne droite et qu’ils restent bloqués à aboyer sous le mur au lieu d’en faire le tour. Je ramasse une culotte et je décampe. Go ! »

Dans le pays, on prétend que la fille du monarque, dont la vie sulfureuse s’affiche à la une des tabloïdes, ne porte jamais de sous-vêtements. Renard pourra au moins clamer qu’à défaut, elle en possède une jolie collection. Du moins, s’il sort indemne de ce périple. Pour l’instant, son plan fonctionne comme prévu, il a arraché sa petite culotte à la princesse et commence à se carapater à toute vitesse. Il possède une petite avance sur le peloton de quatre chiens menés par un doberman en furie. Certes, l’écart est plus confortable que ne doivent l’être certains strings dont la coupe l’a effaré quelques secondes plus tôt, mais le moindre relâchement lui serait fatal.
Alors, Renard court. Son regard focalisé sur un bosquet au loin, trace la ligne sur laquelle le reste du corps se déploie. Les gifles de branches, les brûlures d’orties, les éraflures des ronces, les coupures de sanfrans* ne le font pas dévier d’un pouce de cette route. L’air entre et ressort de ses poumons selon un rythme effréné, enveloppant Renard dans une euphorie inattendue. Il réprime avec difficulté une incroyable envie de la laisser exploser. Mais le moment est mal choisi.
« Ne te marre pas Ducon ou ils vont te bouffer ! ».

Enfin, l’orée du bois ! Notre homme, protégé par un parfum-carapace supposé le masquer du flair des animaux, se retrouve maintenant également à l’abri de leur vue. Il commence à ralentir son allure. Encore une petite minute de course au travers des branchages, puis il franchira la clôture qui le séparera définitivement de ses poursuivants.

Mais voilà, cet individu appartient à la race de ces gens qui au moment d’emporter un succès promis commettent toujours une faute, tellement grossière qu’elle paraît délibérée, comme pour laisser une ultime chance à leur adversaire de l’emporter sur le fil. Pour eux, démontrer que l’on possède les arguments pour vaincre se révèle plus gratifiant que la victoire elle-même.
Ainsi, Renard rata son baccalauréat pour avoir privilégié un rendez-vous charnel à l’ épreuve de sciences naturelles ; il échoua à l’examen du permis de conduire après s’être arrêté un quart d’heure chez un disquaire en laissant l’inspecteur dans la voiture-école bouillant de chaleur et de colère à un kilomètre du but ; il passa à côté d’une belle histoire d’amour lorsque après six mois de travail de séduction acharné pour conquérir la fille la plus extraordinaire qui lui ait été donnée de croiser, il ne fit pas l’effort de porter l’estocade et la laissa tomber dans les bras du premier quidam venu.
« Bons sang, Des morilles ! J’ai un peu de temps avant que les cabots ne me retrouvent… »
Renard s’arrête et songe avec délice à l’omelette qu’il préparera en rentrant chez lui. La petite culotte de la princesse fera office de panier**. Ce maigre tissu aura eu le privilège de receler les fumets les plus exquis !

Mais soudain, la lune, la complice de Renard, se drape dans un nuage qu’un souffle de vent a poussé vers elle. Renard, inquiet, se retourne doucement. La même bourrasque l’a trahi en propageant des fragments de son odeur jusque dans la truffe des cerbères. Sa stupeur se reflète dans les grands yeux des canidés immobiles à quelques mètres de lui, prêts à bondir.
« Non ! Ce n’est pas possible, mon heure n’est pas venue ! Je ne suis pas prêt pour ça. Je n’ai pas fait mon lit ce matin, je n’ai pas rendu sa perceuse à mon voisin, je n’ai pas encore eu le temps d’écouter le dernier album d’Archie Shepp, je n’ai pas goûté tous les vins, je n’ai pas embrassé ma mère depuis longtemps.
Je porte des chaussettes trouées ! Non, je refuse… »

Mais, la vie de Renard tient encore à un petit fil, le filet de voix de la princesse qui au loin rappelle la meute, la houspillant pour avoir chapardé le linge de sa vieille tante...

_________________________

*sanfrans : plante imaginaire ayant germé dans la tête de Démo pris dans l’élan de son personnage. Elle porte désormais le nom de kinzeuros (voire kinzeurosévintecatsantimes pour les puristes).

** : d’où l’expression « mettre la main au panier », qui viendra brillamment compléter mon gage « Le petit Démo illustré »
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Puisque j'te l'dis !
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MessageMar 16 Mai 2006, 20:45:12 Répondre en citant
Citation:
Renard fait quelques pas en arrière, abandonne la dizaine de mètres qu’il avait conquis sur sa frousse.


je l'aime bien celle-là. On a le droit de la replacer ailleurs?


Citation:
Mais, la vie de Renard tient encore à un petit fil, le filet de voix de la princesse qui au loin rappelle la meute, la houspillant pour avoir chapardé le linge de sa vieille tante...


oui et donc?

Parce que sinon, je vais être obligée de faire comme pour le grand bleu: inventer la fin qui m'arrange.
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MessageMar 16 Mai 2006, 20:46:35 Répondre en citant
Citation:
Pour eux, démontrer que l’on possède les arguments pour vaincre se révèle plus gratifiant que la victoire elle-même.


Rassurons-nous: ça devrait donc être un truc qui finit bien.
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