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Le Jardin secret de Démo.

 
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Démo
Stylo-plume

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MessageJeu 11 Oct 2007, 11:34:10 Répondre en citant
Syane a écrit:
Mon cher Démo,

Ce gage a pour principe la rédaction d'un texte à double sens.
C'est-à-dire que le sens littéral, premier, le plus explicite sera totalement différent de celui allusif, implicite, métaphorique.


Je t'impose le sens explicite.
Tu es libre de choisir, et donc de nous laisser deviner, l'implicite.
A la seule condition, toutefois, que l'implicite ne soit pas relatif (POUR UNE FOIS) à des histoires graveleuses, grivoises, bref à des histoires de Q. Mais, à part ça, tu as la voie libre.



Bon, sors ta tondeuse, c'est le printemps, roulons Démo gagé, à toi de couper !

Le sens premier de ton texte est le Jardinage, très bien détaillé techniquement.
Pas plus, pas moins.






La journée avait été éprouvante. Cette fin de printemps offrait des températures de plus en plus chaudes et, malgré tout, Antoine, debout depuis l’aurore, avait dû lutter de longues heures contre le chiendent qui tentait d’envahir son territoire. Il avait également fallu butter, biner, griffer, repiquer, ligaturer, ensemencer, arroser jusqu’à la tombée du jour.

Fourbu, le jeune jardinier refermait le portillon derrière cette nouvelle journée de forçat lorsqu’une goutte de pluie s’écrasa au sol, devant lui. Il ouvrit un œil vers les nuages qui s’amoncelaient au-dessus de sa tête et décida alors de revenir en arrière. En même temps que la pluie marquait son apparition, Antoine jeta sans vergogne ses vêtements à terre pour laisser à son corps entier la jouissance d’accueillir cette ondée bienfaitrice. Il sentait sa peau revivre centimètre carré par centimètre carré, ses muscles se décontracter les uns après les autres. Il s’enivrait du parfum que la terre, que l’herbe, dégageaient en recevant l’eau si longtemps espérée.

La douche dura quelques minutes puis la pluie cessa. Antoine extirpa du cabanon un hamac accroché au clou depuis de longues années puis le tendit entre deux bouleaux. Il s’y allongea avec précaution, pas trop sûr de la résistance de cet accessoire un peu âgé. Se balançant légèrement, il goutait la chaleur qui remontait maintenant du sol. Sa peau, redessinée par le cordage, commençait à sécher. Une goutte fraîche chutait de temps en temps de la frondaison des arbres et son contact sortait à chaque fois le jardinier de sa torpeur.

Le ciel s’était libéré de ses nuages laissant à l’impudique jeune homme l’impression d’être observé par des milliers de points lumineux. L’idée le fit sourire. Il repensait aux femmes de tout âge qui ne manquaient jamais de lancer un regard vers son bronzage lorsque, le torse à l’air, il exécutait ses tâches horticoles.

Une étoile filante, elles étaient rares à cette époque, déchira la voûte céleste. Pour perpétuer les jeux auxquels il s’adonnait avec son grand-père, Antoine ferma les yeux puis réfléchit au vœu qu’il allait prononcer. « Tiens, j’aimerais vraiment savoir, aujourd’hui, à quoi ressemblera mon jardin dans quarante ans ». Abîmé dans ses conjectures, il ne sentit pas immédiatement la présence de quelqu’un auprès de lui. Rouvrant les yeux, il distingua une silhouette ectomorphe. Après quelques instants, ayant retrouvé toute l’acuité de sa vision, il découvrait qu’une longue jeune femme, à la beauté troublante, se tenait devant lui. Le regard du jardinier parcourut le visage diaphane de cette apparition. Sous des cheveux ébouriffés, des yeux en amande, très clairs, des pommettes hautes, un petit nez mutin, des lèvres irrésistibles, un cou gracile. Mais la belle ne lui permit pas de poursuivre son chemin contemplatif, elle lui tendit la main et du regard l’invita à la suivre.
Elle ne semblait pas embarrassée par la nudité de l’homme.
Il s’étonnait de ne pas être surpris par cette situation.

Sans qu’aucun mot ne soit échangé, il obéit au geste de cette compagne qui lui demandait de s’étendre dans un carré de fleurs. Elle s’agenouilla près de ses épaules et la pulpe de ses doigts caressant le front du jeune homme, elle l’amena à clore ses paupières. A cet instant, le vœu le plus cher du garçon était à mille lieues de celui qu’il avait formulé quelques minutes plus tôt.

***


Le contact des doigts vient de disparaître. Antoine rouvre les yeux. Il fait jour. Le temps est gris. Toujours étendu, il réalise qu’il est maintenant au milieu de pensées sombres et de soucis. Tout, autour de lui, semble en friche, sans entretien. Et sa fée a disparu.

Un homme qu’il semble reconnaître avance vers lui.


Pour tout le monde dans le village, il est devenu le « Pèr’ Tonio ». Les anciens, qui se souviennent des miracles qu’il était capable d’accomplir lorsqu’il fallait faire prendre une greffe ou redonner vie à une plante lui accordent encore un peu de respect. Les autres ne montrent plus que mépris ou indifférence envers le vieux jardinier. Lui, s’en accommode très bien. Il y a bien des années que le commerce des hommes ne le concerne plus. Sauf aujourd’hui. Il a ce rendez-vous depuis longtemps avec son passé. Souvent, il s’est retrouvé face à lui-même, mais il a toujours réussi à escamoter ses interrogations ou ses angoisses en s’en jouant avec dérision, ou en les considérant avec légèreté. Pas aujourd’hui.

« Alors bonhomme, on se présente nu devant son avenir ? Je reconnais bien là ton inconséquence ! »
Comme quelques minutes plus tôt, comme il y a quarante ans devant la belle jeune femme descendue des étoiles, Antoine reste inébranlable. Désignant la coiffe de son interlocuteur, il attaque à son tour :
« T’as vraiment l’air minable avec cette casquette Pernod Ricard !
- Peut-être, mais c’est confortable
- Ce bout de tissu sans forme ?
- Non, d’avoir l’air minable. C’est reposant, tu sais, de ne plus avoir à sourire aux gens qu’on ne supporte pas, de ne plus avoir besoin de plaire, de ne plus avoir à se demander ce que l’autre pense. Tu voudras la ramener ? »

Le jeune homme, jusque là interdit, réprime, à peine, un bref sourire. Même s’il n’adhère pas aux propos de son vis-à-vis, ces paroles trouvent un écho chargé de sens au fond lui.

« Debout !, reprend le vieil homme, nous sommes là pour visiter ce… ». Il s’interrompt pour tancer un chien resté quelques mètres derrière lui et qui vient d’aboyer.
« Ta gueule Gérard Duclos ! Tu n’me foutras donc jamais la paix !
- Quoi !, s’insurge son alter ego, tu as baptisé ton chien du même nom que notre voisin ?
- Seulement lorsque je crie dessus. Le reste du temps, il s’appelle Marius.»

Le visiteur, atterré, se relève.
Un coup d’œil circulaire lui confirme sa première impression. Tout ici est désolation. Les quelques arbres non encore morts sont envahis par le lierre, la terre est en friche, les rosiers ont disparu, les clôtures sont à terre. Même la vie animale semble avoir déserté cet endroit : nul chant d’oiseau, nul crissement d’ailes d’insectes ne vient égayer l’ancien jardin.
Seul un carré de plantes bulbeuses émerge de ce désastre vert.
« Mes oignons ! C’est ma femme qui s’en est toujours occupé, fait le vieil homme avant que son hôte n’ait eu le temps de l’interroger. Regarde-la, au loin, toi qui aimes tant les êtres fragiles… »
Il s’arrête une seconde sur ce mot, non pour produire un effet mais parce que cette simple évocation suscite chez lui une avalanche de souvenirs, de regrets, une émotion qui bloquent son langage,
« Regarde-moi ces épaules, reprend-il, plus ça va plus elle ressemble à un camionneur
- Les routiers sont sympas, tente de relativiser Antoine, jeune
- A ton époque peut-être, plus aujourd’hui. Allez oublie ce que tu as vu jusqu’à maintenant et suis-moi. »

Les deux hommes, animés de mêmes mouvements, avancent tel un gros animal allant l’amble, en direction du fond du jardin. Ils traversent un buisson épais, puis se retrouvent face à une large fracture du sol emprisonnant une dizaine de mètres carrés de terrain en pente abrupte. La déchirure s’est formée il y a très longtemps, mais jamais le jardinier n’a daigné la reboucher.
Une mésange qui s’était invitée au cabaret des oiseaux s’envole subrepticement.

Sans aucune concertation, les deux hommes s’asseyent au bord de la faille, les pieds ballants, comme ils l’ont fait mille fois.
L’œil du jeune homme est attiré par quelques amourettes trônant sur le versant opposé puis s’accroche à une femme-nue offerte aux rayons du soleil. Les végétaux étiolés, présents partout ailleurs, ont fait place ici à la luxuriance. Des plantes improbables, hybrides d’espèces incompatibles foisonnent. Leurs couleurs vives flattent le regard, leurs parfums discrets et nuancés envahissent les sens. L’endroit ne présente aucune structure et pourtant tout y semble en harmonie.
Le visiteur se tourne vers son hôte, dépouillant son regard embué, il en découvre l’éloquence. Et il comprend. La vérité est là, le seul emplacement que le vieux jardinier aura pu cultiver jusqu’au bout, en partie malgré lui, est ce petit bout de terre quasi-inaccessible. Il aura négligé définitivement le reste, sur lequel il ne se sentait plus de prise, pour fleurir d’immortelles le seul espace dans lequel il aura encore éprouvé un peu de liberté.
Bientôt, les yeux des deux hommes convergent vers une Colombine qui s’ouvre au passage d’un papillon ; leurs pensées s’unissent ; leurs corps fusionnent. Antoine ne fait plus qu’un, en paix avec lui-même, une partie de son être s’est évanouie et ne viendra plus le hanter. Sans bruit, Marius s’assied à proximité de son maître.

***


Un souffle sur son visage sortit doucement Antoine de sa léthargie. Il reconnut la truffe de son chien posée sur sa tempe. Caressant la tête de l’animal, il lui fit : « Allez, viens, rentrons. Demain nous comblerons la déchirure du fond du jardin».
Se relevant de son hamac, l’esprit encore envahi par son rêve, il constata avec surprise qu’une large feuille de vigne avait été déposée sur son corps pour recouvrir pudiquement le bas se son ventre...

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Dernière édition par Démo le Mer 11 Mar 2009, 07:42:18; édité 1 fois
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Syane
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MessageJeu 11 Oct 2007, 12:56:33 Répondre en citant
Ce texte me plaît, vraiment et sincèrement.

Démo, je ne sais pas bien pourquoi tu n'es pas très content de la deuxième partie, mais je la trouve aussi intéressante et plaisante que la première.
Elle est différente, plus mélancolique comme ça, plus étrange aussi.
Et ça en fait une "vraie" suite, du coup; pas une simple prolongation.

De plus, l'ensemble change complètement de ton style et registre habituels (que j'apprécie beaucoup, cela dit).
Et puis, tu m'as appris des mots jolis et spéciaux, ce qui ne gâche rien.

Mercure beaucure, ce fut un pleasure de lecture.
kis
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Démo
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MessageJeu 11 Oct 2007, 14:16:16 Répondre en citant
Syane a écrit:
Ce texte me plaît, vraiment et sincèrement.

Démo, je ne sais pas bien pourquoi tu n'es pas très content de la deuxième partie, mais je la trouve aussi intéressante et plaisante que la première.
Elle est différente, plus mélancolique comme ça, plus étrange aussi.
Et ça en fait une "vraie" suite, du coup; pas une simple prolongation.

De plus, l'ensemble change complètement de ton style et registre habituels (que j'apprécie beaucoup, cela dit).
Et puis, tu m'as appris des mots jolis et spéciaux, ce qui ne gâche rien.

Mercure beaucure, ce fut un pleasure de lecture.
kis


Smile

Mercure.

Hop, aux archives...

kis
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Margot
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MessageJeu 11 Oct 2007, 16:43:40 Répondre en citant
Il est magnifique ce texte, Renardeau joli.
Une closerie pleine de réminiscences et de nostalgie douce. Et quelques percées vers des profondeurs plus sombres. kis
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Démo
Stylo-plume

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MessageJeu 11 Oct 2007, 17:01:24 Répondre en citant
Margot a écrit:
Il est magnifique ce texte, Renardeau joli.
Une closerie pleine de réminiscences et de nostalgie douce. Et quelques percées vers des profondeurs plus sombres. kis


Merci, je suis très touché par tes mots.
kis
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Ruth
Stylo-plume

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MessageJeu 11 Oct 2007, 17:52:51 Répondre en citant
p'têt bien que je devrions rev'nir me promener plus souvent dans ces jardins là: y a ma foi d'quoi faire des chouettes ballades!

Celle-ci en était une.
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Démo
Stylo-plume

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MessageJeu 11 Oct 2007, 17:55:26 Répondre en citant
Ruth a écrit:
p'têt bien que je devrions rev'nir me promener plus souvent dans ces jardins là: y a ma foi d'quoi faire des chouettes ballades!

Celle-ci en était une.


Smile

Ha ben oui, tu devriez!

Il doit bien encore te rester quelques graines à semer.

kis
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Ruth
Stylo-plume

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Humeur du Jour: dans mon jeune temps...

MessageJeu 11 Oct 2007, 17:57:58 Répondre en citant
[quote="Démo"]
Ruth a écrit:

Il doit bien encore te rester quelques graines à semer.

kis


on m'avait dit que c'étaient les pa...

non, je dois mélanger plusieurs histoires!
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Onde
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MessageDim 14 Oct 2007, 17:27:32 Répondre en citant
Je crois bien que ce gage mérite largement d'être posté en double, dans la bibliothèque... kis
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Mélisande
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MessageLun 15 Oct 2007, 14:16:19 Répondre en citant
très joli texte Démo joli....
il est bon de lire le renard entre herbes folles et folles herbes...

bon...un gage de très bien fait... applau

ça me fait penser à quelque chose pensif une histoire de mamie avec des grandes dents de loups.... whistle

vraiment la musique de tes mots est très douce, dans ce style aussi kis !
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Aladin
Plume d'oie

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Inscrit le: 28 Juil 2005
Messages: 2 176
Humeur du Jour: In Cauda venenum

MessageLun 15 Oct 2007, 14:59:46 Répondre en citant
poutaing, si Demo aussi commence à avoir un jardin secret.... Mr. Green
____________________
Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
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Démo
Stylo-plume

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Inscrit le: 11 Mai 2005
Messages: 8 960
Humeur du Jour: Trop au lit pour être au Net

MessageLun 15 Oct 2007, 19:50:36 Répondre en citant
Mélisande a écrit:
très joli texte Démo joli....
il est bon de lire le renard entre herbes folles et folles herbes...

bon...un gage de très bien fait... applau

ça me fait penser à quelque chose pensif une histoire de mamie avec des grandes dents de loups.... whistle

vraiment la musique de tes mots est très douce, dans ce style aussi kis !

kis
Ha oui, une histoire de mamie! Je vais abandonner la musique douce pour du hard alors!
Es-tu prête à calmer mes hardeurs?

Onde a écrit:
Je crois bien que ce gage mérite largement d'être posté en double, dans la bibliothèque... kis

Smile J'essaierai de faire la manip Wink
Merci kis


Aladin a écrit:
poutaing, si Demo aussi commence à avoir un jardin secret.... Mr. Green

Depuis le temps que je m'occupe de faire ma cour, il fallait bien qu'un jour je passe au jardin. Mr. Green
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Puisque j'te l'dis !
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Mélisande
Pointe bic

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Inscrit le: 21 Juin 2005
Messages: 2 546

MessageMar 16 Oct 2007, 07:33:17 Répondre en citant
Démo a écrit:
Mélisande a écrit:


ça me fait penser à quelque chose pensif une histoire de mamie avec des grandes dents de loups.... whistle

vraiment la musique de tes mots est très douce, dans ce style aussi kis !

kis
Ha oui, une histoire de mamie! Je vais abandonner la musique douce pour du hard alors!
Es-tu prête à calmer mes hardeurs?




Mr. Green
tu disais????
Mr. Green
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