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Dilettante commente Théophile Gautier

 
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Dilettante
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MessageMer 21 Juin 2006, 17:22:14 Répondre en citant
Arwenn a écrit:
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Monsieur Dilettante, cela fait donc quelques temps que je voudrais avoir votre commentaire sur ces propos de Théophile Gautier (1811-1872) :

"Je me soucie assez peu de faire épeler l'alphabet de l'amour à de petites niaises.
Je préfère les femmes qui lisent couramment, on est plus tôt arrivé à la fin du chapitre..."


pour vous faire parler sur les petites niaises, votre lecture de l'amour et les fins de chapitre. Je ne doute nullement que vous ne sachiez très bien répondre.



Délai : selon votre disponibilité.


(Ne me remerciez pas.)
jap:



Je crois, chère Ammelle, vous reconnaître dans le sujet même que vous m’imposez, non que vous fussiez de ces niaises qu’évoque fort crûment l’auteur du Chevalier de Maupin mais simplement dans l’impatience où vous êtes de connaître, avant d’autres, les fins de chapitre.

Soucieux, pour ma part, d’honorer votre commande, je m’attacherai, sous l’angle de Théophile Gautier d’abord, à définir ce qu’il faut entendre par « petites niaises » avant de vous donner ma « lecture » de l’amour tel qu’ici le terme est utilisé. Ce n’est qu’enfin, si vous le voulez bien, que je traiterai des « fins de chapitre ».

Ceux qui n’auraient lu de Théophile Gautier que le « Capitaine Fracasse » en bibliothèque verte peineront sans doute à croire que le père de notre infatigable bretteur était un gilet rouge, un dandy, un punk avant la lettre, puisqu’il est ici question d’alphabet.

Comme ceux de sa génération, il fut bercé par les illusions tant lyriques que telluriques de l’épopée napoléonienne pour échouer, à vingt ans, dans les bras alanguis de l’ennuyeuse Restauration. L’impatient Gautier des mots que vous nous rapportez, Ammelle, sait, plus que tout autre, ce que sont « les petites niaises ». Filles de fourniers enrichis dans le trafic des denrées sous le premier empire, filles d’industrielles à l’aube du second, fille d’émigrés élevées en Hollande et dans la dévotion, elles furent nourries à la mamelle de la candeur et dans l’attente pâmée du retour d’un ordre ancien.

Gautier a lu, n’en doutez, pas Lachlos. Pour autant, contrairement à Valmont, il n’a pas le goût de l’intrigue, la curiosité des âmes, la gourmandise de l’esprit quand il vient féconder la chair. L’amour qu’il appelle est brutal, charnel, animal, goulu, tour à tour délivrance du soudard et libération du marin en fin de quarantaine. C’est d’un spasme que ce dandy veut signer la fin d’un chapitre qu’il n’aura fait que survoler. Ce spasme paradoxalement, est un acte d’aventureuse rébellion à l’égard d’un ordre moral sagement établi. Faute d’avoir pu être hussard à Eylau, il le sera au lit.

Près de deux siècles plus tard, je n’aurais pas, Ammelle, les cavaliers élans de celui qui signa le « Roman de la momie ». Les niaises ne sont plus les couventines d’hier mais ces femmes qui vivent l’amour charnel comme l’on prend un cour d’aérobic, se regardant jouir dans vos yeux comme dans le miroir mural de la salle de « free jazz » d’un Gymnasium de quartier. Qui voudrait aujourd’hui pour compagne de la chair à canon pour hussard en campagne ?

A ces niaises, Ammelle, je n’épellerai donc pas l’alphabet de l’amour. Je leur préfère celles qui, au sens véritablement premier, lisent couramment, celles dont l’esprit est en éveil parce qu’il est éduqué, celle, madame, qui savent, n’en déplaise au poète, que la chair n’est triste que si l’on a pas lu, appris, vécu, souffert.

Pour lire et relire sans fin d’âpres et suaves chapitres, à ces niaises, je préfère, en un mot, les éternelles amoureuses des cérébraux plaisirs
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Arwenn
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MessageMer 21 Juin 2006, 17:56:09 Répondre en citant
Dilettante a écrit:
Je crois, chère Ammelle, vous reconnaître dans le sujet même que vous m’imposez, non que vous fussiez de ces niaises qu’évoque fort crûment l’auteur du Chevalier de Maupin mais simplement dans l’impatience où vous êtes de connaître, avant d’autres, les fins de chapitre.


no no no je ne suis qu'une insatisfaite, autant du point final que des points de suspension. une impasse sans fond.

(Alors je me rabats sur les lectures doubles ou multiples pas de ma faute )
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Arwenn
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MessageMer 21 Juin 2006, 18:08:06 Répondre en citant
...Si je lis bien et avec mes mots, ma façon de traduire, c'est entre le libertinage (la consommation immédiate, directe et libre des corps) et l'amour courtois (la sublimation du désir, même jusqu'au platonisme) -et bien plus de ce côté-ci que du premier évidemment- que tu places ton créneau. Ce n'est pas une question d'époque, à part le fait qu'aujourd'hui il y a sans doute plus de liberté de rencontres et d'action. En fait il y a toujours autant de créneaux dans les cerveaux.
Et j'aime bien quand tu t'expliques sur ton concept, ta conception, pour la faire partager.
Merci pour le gage accompli. jap:
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