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Histoire d'eau: ma Fontaine de jouvence

 
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Oxymore
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Humeur du Jour: S'occuper pour se griser...

MessageLun 17 Nov 2008, 13:17:59 Répondre en citant
Romance : Histoire d’Eau : ma Fontaine de jouvence

Un homme, une femme. Ils se cherchent du regard pour se perdre. Ils ne se connaissent pas vraiment et pourtant ils vont se retrouver. Ils ont les rêves un peu fous des personnes sages qui avancent d’un pas assuré sans trop savoir où ils vont. Chacun traîne un passé plus ou moins animé, une vie déjà remplie. Les années n’ont pas encore consumé leur jeunesse et ils cherchent un avenir à la croisée des chemins. Ils veulent saisir l’existence qui leur échappe irrémédiablement. Chimère d’un oxymore ou oxymore d’une chimère ; l’un est l’autre, et son contraire, insaisissable. La caresse d’un songe sur un horizon clair obscur, un amour dans le vertige des sens, ce trouble est-il sensé ? Qu’importe ! Cet élan est vital pour eux. Ils savent qu’ils ont raison de ne pas réfléchir. Au moment où Véronique Saintanne et Philippe Offenbach se voient pour la première fois, sans fard, ils ne pensent qu’à se sentir… Ils ne veulent plus rien dire ou écrire. Les mots qui les ont rapprochés, enflammés et parfois rassurés, n’ont plus qu’un pouvoir, celui de l’espoir. Après les doutes, l’hésitation, puis l’attente, le désir de vivre, d’oser encore rêver s’est imposé et a tout balayé. Une même envie les unit, faite de tentations, d’illusions et d’émotions. Dans ce moment hors du temps, dans ce lieu noir et sombre, leurs pupilles dilatées s’ouvrent sur des âmes au relief vertigineux. Jouir pour guérir, être pour renaître, s’abandonner pour oublier : les corps veulent se parler, le langage du cœur, d’une voix légère comme une caresse…

Assise sur le bord d’un fauteuil, le dos droit, les reins cambrés, la poitrine tendue, immobile, seuls ses yeux bougent, dans des mouvements saccadés qui trahissent une intense tension. Sa peau fine, presque transparente, couvre des joues blanches parsemées de taches de rousseurs. Le sang, figé dans les fonctions vitales, n’inonde pas encore son visage au teint blafard. Dans le rai de lumière crépusculaire qui illumine sa silhouette de perles argentés, elle parait irréelle, intemporelle, beauté discrète, beauté secrète… Elle n’a plus la candeur de la jeune femme qu’elle a été. Elle n’a pas encore l’air désabusé de la femme mûre qu’elle sera. Pourtant, à l’aube de ses quarante ans, elle possède encore une fraîcheur émerveillée et déjà la profondeur d’une certaine maturité. Son age épanoui la rend infiniment belle. Dans sa toilette simple et soignée, un peu bourgeoise, elle est charmante sans artifice. Elle a choisi une robe noire pour lui plaire, croisée sur sa poitrine voluptueuse, serrée sur sa taille fine. Ce fourreau étroit se pose sur des jambes gainées de bas dont la marque à peine perceptible est presque indécente. Elle parait sage et pourtant une lueur sauvage illumine son visage. Quelques traits suffisent à son maquillage. Dans son regard sur, des yeux mélancoliques aux reflets d’automne ont la langueur des désirs inassouvis. Ses cheveux coupés courts sur les épaules sont habituellement attachés en chignon et dégagent sa nuque. A présent, ils ne sont plus liés et elle voudrait une chevelure longue et impétueuse pour l’offrir à son futur amant.

Lui la regarde : il la voit impatiente. Patiemment, il l’observe, disséquant ses mystères pour en percevoir la finesse et la complexité. Attentivement, il scrute, de ses yeux ténébreux, sa muse encore inconnue. Dans l’ombre, il attend son heure ; moment fatidique où il devra se libérer pour la capturer. Pour l’instant, il reste figé dans la contemplation, savourant l’apparition d’une ère nouvelle… Dans l’âtre de la cheminée qui le masque crépitent les flammes de l’enfer. La chaleur vive et rayonnante le réchauffe malgré lui. Dans l’apparente froideur de son corps, rien ne semble pouvoir l’enflammer, comme si à force de s’exposer à des feux ardents, il ne restait rien à consumer. Ses mains déliées, aux doigts longs, aux griffes émoussées, semblent suivre les lueurs ondoyantes du foyer. Rouges, un peu mates, elles se marient à l’harmonie noire et blanche d’un clavier tempéré, jouant la mélodie d’un accord parfait. Dans sa livrée élégante, sans prétention, il a l’allure d’un homme établi, dont la fierté d’avoir réussi s’est dissipée avec le temps. A l’assurance et aux envies insouciantes de ses 20 ans a succédé une ambition plus simple. Plus résigné, il est devenu aussi plus mesuré. De taille moyenne, il porte un de ses costumes italiens, dont la coupe cintrée affine encore sa silhouette un peu fluette. Il parait plus mince, plus grand. Les couleurs sombres lui vont bien ; pourtant il a préféré illuminer le gris clair de son ensemble avec une chemise blanche. Sur ses cheveux bruns et sur sa peau triste, les ombres ne laissent paraître aucune ride. Il vit entre deux ages ; il avance entre deux vies. Le vide lui donne le vertige. Funambule, il ne sent pas l’ivresse de son demi-sommeil. Finalement, il n’attend qu’un baiser pour se ranimer.

Lui, lumineux dans la pénombre ; elle et son ombre, en pleine lumière... Ce contraste, comme une évidence, unit la morsure de leur premier baiser dont le venin voudrait couvrir leurs lèvres jusqu’au dernier soupir et les souder dans la même destinée. En prenant sa bouche, il a corrompu tout le corps, et l’âme avec. Ses mains ont pris possession des rondeurs, avant goût postérieur à un avenir prometteur. Il a trouvé ses marques immédiatement dans le creux de ses reins, comme s’il en connaissait les moindres recoins. Elle, gourmande, aussi bonne cuisinière que maîtresse de maison, s’apprête à le recevoir dans son intimité. Lui, très à l’aise au jardin, est prêt à en cultiver les secrets. Ils concentrent l’énergie de s’aimer dans l’infini -trou noir- de leur désir ; aspiration céleste pour se projeter la tête dans les étoiles, attraction fatale qui les projètent l’un contre l’autre, l’un envers l’autre, l’un dans l’autre. Ils existent dans 2 corps distincts qui ne font qu’un. Poseront-ils les pieds sur terre quand jaillira l’étincelle des failles béantes de leur cataclysme ? Au bord des larmes, la jouissance n’est pas une petite faiblesse : c’est leur force, et elle n’a pas de limite.

Entraînés par la romance, légère et insouciante, de leur première étreinte, ils retrouvent la parole et le fil de l’existence. Sur un coup de baguette magique, ils badinent avec l’amour : un jeu de confidences aux allures pastorales, sans équivoque :
Mon amour, je te veux fort et bon laboureur
Pour satisfaire nos besoins avec ardeur
Ma chérie, j’honorerai toutes tes envies
Jusqu’au plus gourmandes en cultivant la vie
Avec amour, remplis nos plus profonds sillons
De tes meilleurs semences pour que nous ayons
Toujours la joie de jouir de l’abondance
Divine beauté de la nature, jouvence
Offerte à mon dur labeur, tu absorbes, et
Mon énergie, et mes humeurs, sans hésiter
Oui, j’aime sentir la sève pénétrante
Irriguée de ses richesses éclatantes
Les creux de la nature couchée sur l’horizon.
Oui, j’aime sentir la rosée comme un poison
Amer et enivrant irisée mes lèvres
D’ondes généreuses d’une joie trop brève.
Unissons nos espoirs dans des désirs plus forts
Que la mort, dans une moisson au corps à corps
Avant que l’orage nous entraîne dans le lit
Du torrent, unissons la rage qui nous relit.

Ils se laissent porter par les songes d’une nuit d’été ; ils se laissent aimer. Ils n’accepteront plus aucune trêve. Ils veulent vivre leur rêve, unique et fusionnel, quel qu’en soit le prix.

Dans les draps froissés, les corps enlacés se sont assoupis. Leurs peaux moites, collées l’une à l’autre, dégagent l’odeur animale de l’union charnelle encore toute proche. L’air suffoquant ne trouble pas la douceur de leur sommeil apaisé. Tout est calme. Leur couche embaume la chambre d’amour.
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Vagabonde dans les endroits où certains se perdent, d'autres se trouvent...
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