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La rebufade

 
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Aquaviva
Stylo-plume

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Localisation: 14ème- Serra di ferro
Humeur du Jour: loufoque

MessageSam 11 Aoû 2007, 21:54:30 Répondre en citant
Rebufade.

La lueur bleuâtre de la veilleuse me permet de saisir le téléphone.
Trois heures du matin.
Viens. Oui, je viens. La librairie, je te l’ai montrée l’autre jour. Ok.

La voiture garée, la jupe battant les genoux, j’arrive par la petite porte arrière. Aube d’été, tendre et accueillante.

Il m’en veut. Il a passé la nuit précédente à m’attendre au même endroit, j’attendais son appel, et au matin je me suis aperçue que mon fixe était décroché. Message sur son répondeur.
Puis cet appel à 3h ce matin, il ne m’a pas laissé parler.

La librairie est illuminée par des bougies, dans la petite pièce attenante à la boutique, il y a les reliefs d’un repas. Repas de la veille.
Il me dit qu’il avait préparé des choses dont nous nous régalons habituellement au restaurant et qu’il a tout jeté, il est encore furieux, même si c’est bien contenu. Impressionnée, désagréablement, je suis. Son visage est tendu, son nez prend tout son relief.
Attendre toute une nuit, ça ne lui ressemble pas, pas du tout. Je le sais.

Que dire ? Je ne peux pas m’excuser, je lui ai déjà dit sur le répondeur que ma voisine s’était assise sur le fauteuil placé devant la prise et qu’elle l’avait déplacée, c’est idiot de s’excuser pour ça, le dire ça suffit. Il peut comprendre, non ?
Il pouvait m’appeler sur le portable, bordel !

Là, il est charmant, on babille et on plaisante comme à l’accoutumée, il me couve du regard et m’invite à ouvrir le paquet qui m’attend. C’est « Trésor », je suis émue et reconnaissante et le regarde, désarmée, attendrie, je ne m’y attendais pas du tout. Il est avare de cadeaux comme de compliments, il les distribue de manière inattendue.

Et brutalement « Montre-moi ton cul ! ». Dans la lumière tremblante des bougies, je crois rêver en entendant cette phrase.
Tout se braque chez moi « Non ! ».
C’est parti comme une balle.

Silence. Froid.
La nuit est douce et chaude, mais je grelotte soudain.

Il range tout, tranquillement, soigneusement, sans me regarder. Je ne sais quoi dire ou faire. Rien.

Les fantômes d’images et de sensations, de nos rencontres furieuses et haletantes me reviennent ; je rougis.
Pourquoi cette réaction, j’aime tant les dérapages incontrôlés, les franchissements de lignes et je ne suis pas bégueule, au contraire et j’aime tout chez lui. Pourquoi ce « non » ?
Il avait pris mon pied, enveloppé dans sa main, juste avant, et sorti de l’escarpin rouge, assortie à ma robe, appréciée de l’oeil.
Je suis perdue, aucun mot de me vient.

Mon « non » résonne dans l’air, comme un claquement de fouet.
Pourtant je sais que je peux me fier à lui. Qu’il sait créer de la magie à partir de n’importe quoi, nos cérémonies ont un goût d’improvisé et sacré à la fois, je ne dois pas résister.

Et de ces cérémonies secrètes nous sortons pantelants, fiévreux et anéantis, toujours.
Peu de paroles, une chorégraphie fluide et enchanteresse, sans concertation, magique et infiniment douce.

Il me punit, c’est clair.
Son dédain de mon corps m’affame, il le sait, je ne sais quel fil nous rattache l’un à l’autre, mais il est là.

Nous partons, côte à côte, sans un mot. Je décide de changer mes talons hauts contre mes ballerines restées dans mon sac. Il reste à mes côtés, planté droit et silencieux. Un type nous croise promenant son chien et le salue, il doit être 7h, déjà, il me regarde changer de chaussures, les très hautes contre les très plates, sans étonnement apparent. Pourtant nous sommes extravagants à plus d’un œil : lui, la bouteille de champagne non ouverte à la main, un sac plastique, vif et le regard dur, et moi pâle, brune et rouge, les chaussures à la main.

Je monte dans ma voiture. Appelle-moi quand tu arrives. Ah ? Oui. Ce que je fais, il raccroche immédiatement.

Et c’est le début. De la fin, évidemment.

Tout dérape, tout m’échappe, tout se gâte. Le froid, l’absence m’envahissent, ai-je rêvé ses caresses, ses paroles ?
Je n’en sais plus rien, je ne suis plus rien.
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Aladin
Plume d'oie

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MessageDim 12 Aoû 2007, 20:28:53 Répondre en citant
Eh bien, moi, je suis égoïstement content de cette rebufade qui te fait de nouveau croiser par ici, mme l'Aquoiboniste : c'est couillon, mais ça me rend content, ce soir !

Al.
kis
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Entrer en soi-même, c'est découvrir la subversion
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Démo
Stylo-plume

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MessageDim 12 Aoû 2007, 23:01:20 Répondre en citant
C'était vrai alors, quand une femme dit "non" faut pas comprendre "non"!

C'est couillon, mais je suis comme Aladin, heureux de te relire Lakwa, même si c'est dans le cadre d'une refubade...
____________________
Puisque j'te l'dis !
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Aquaviva
Stylo-plume

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MessageLun 13 Aoû 2007, 00:05:13 Répondre en citant
Bonjour (on est jour, hein ?), pensif

Moi aussi je suis contente d'y arriver à nouveau et de vous retrouver là kis , au complet.
Les périodes de latence, de pannes, ça arrive et pendant ce temps-là, ça mûrit quelque part.

Et j'étais assez occupée par le lardon aussi... Je suis devenue assez bonne cuisinière dans le style inattendu-salé-sucré-épicé, mais ça c'est l'hhhamour, ça change une fâme...

Lakwa.
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Ruth
Stylo-plume

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MessageMar 14 Aoû 2007, 17:41:40 Répondre en citant
beaucoup beaucoup aimé ces lignes, où on comprend parfaitement ce qu'on ne comprend pas bien.

Enfin je veux dire, où on sait, où on sent qu'on aurait pu vivre pareil, mais qu'on n'aurait pas su ou pu dire pourquoi.

vague impression de ne pas être très claire. Mais aussi il pleut tout le temps chez moi, c'est pour ça.
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debout!
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Démo
Stylo-plume

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MessageMar 14 Aoû 2007, 17:47:12 Répondre en citant
Ruth a écrit:

vague impression de ne pas être très claire. Mais aussi il pleut tout le temps chez moi, c'est pour ça.


lol7:

Ce doit être cela.
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Aquaviva
Stylo-plume

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Humeur du Jour: loufoque

MessageMar 21 Aoû 2007, 12:58:21 Répondre en citant
Démo a écrit:
C'était vrai alors, quand une femme dit "non" faut pas comprendre "non"!


re Démo.

Un ptit coup de sérieux...

Disons que la réponse de "la femme" aurait pu être "pas comme ça", plus simplement et moins abruptement.

Mais vu la rudesse de la demande, le "non" est venu spontanément et il ne souffrait aucune discussion ni aménagement. Insister là, n'aurait servi à rien.

Par ailleurs cette femme-là a connu la vraie violence non consentie.
Elle peut parfaitement être soumise et pute à plaisir dans une relation, abandonnée, elle ne demande que ça, mais elle redevient "sur ses gardes" malheureusement.

Donc, c'est là que le bât blesse, cette défensive.

Malgré tout, cet instinct de défense lui a permis de s'en sortir lors d'une agression de rue, par deux bonhommes (baraqués) : se jeter dos par terre et hurler en faisant tournoyer ses jambes en ciseaux (+ les talons !) a été hyper efficace. C'était complètement inattendu. Les deux mecs ont fui.

Trêve de sérieux.
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Démo
Stylo-plume

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MessageMar 21 Aoû 2007, 14:36:18 Répondre en citant
l'aquoiboniste a écrit:

re Démo.

Un ptit coup de sérieux...

Disons que la réponse de "la femme" aurait pu être "pas comme ça", plus simplement et moins abruptement.

Mais vu la rudesse de la demande, le "non" est venu spontanément et il ne souffrait aucune discussion ni aménagement. Insister là, n'aurait servi à rien.

Par ailleurs cette femme-là a connu la vraie violence non consentie.
Elle peut parfaitement être soumise et pute à plaisir dans une relation, abandonnée, elle ne demande que ça, mais elle redevient "sur ses gardes" malheureusement.

Donc, c'est là que le bât blesse, cette défensive.

Malgré tout, cet instinct de défense lui a permis de s'en sortir lors d'une agression de rue, par deux bonhommes (baraqués) : se jeter dos par terre et hurler en faisant tournoyer ses jambes en ciseaux (+ les talons !) a été hyper efficace. C'était complètement inattendu. Les deux mecs ont fui.

Trêve de sérieux.


Merci pour ta réponse. Elle éclaire également d'un autre jour le texte initial.

POUM POUM
Rien que l'expression "trêve de sérieux" me fait rire!

C'est marrant cette histoire de tournoiement de talons. Ce matin même on me posait la question suivante:

Tiens d'ailleurs, es-tu d'accord avec moi pour dire que les talons hauts sont une aberration ou les trouves-tu suffisamment élégants pour justifier leur port par les femmes ?

Si ta réponse était arrivée plus tôt, j'aurais pu militer en faveur des talents hauts utilisés comme arme blanche Wink
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Aquaviva
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MessageMar 21 Aoû 2007, 15:42:05 Répondre en citant
Code:
Tiens d'ailleurs, es-tu d'accord avec moi pour dire que les talons hauts sont une aberration ou les trouves-tu suffisamment élégants pour justifier leur port par les femmes ?

Si ta réponse était arrivée plus tôt, j'aurais pu militer en faveur des talents hauts utilisés comme arme blanche


Oui applau

Les talons hauts sont une aberration, et perso je ne supporte pas longtemps.
Mais j'adore pouvoir en porter (en ayant une paire de minuscules chausssons de danse dans mon sac).
Oui, en l'occurrence, ce soir là, j'avais des talons assez retoutables et je m'en suis servie au lieu d'en être entravée.
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Aquaviva
Stylo-plume

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Humeur du Jour: loufoque

MessageJeu 23 Aoû 2007, 23:38:33 Répondre en citant
J'ai trouvé vraiment par hasard un bouquin "le nouveau code de la sexualité", écrit par un avocat et un psychiatre, c'est très intéressant. Un truc assez décoiffant quand même.


Dans un chapitre du bouquin intitulé "le sexe, le consentement et le viol", on y cause justement des différentes formes de "oui" et de "non" et en particulier de la victimisation croissante dans la société française entre autres.

Et je cite :
"Il y a bien sûr le oui franc, qui veut dire oui ; et le non tout aussi clair, qui dit non aussi clairement qu'un signal de stop ou qu'un sens interdit. mais il y a aussi ce que seuls les puceaux et les vierges peuvent ignorer de bonne fois, le "oui qui veut dire non" (celle qui cède, subit sans vraiment consentir, sans oser protester, montrant peut-être des signes de malaise ou de passivité anormale quen partenaire un peu finaud aurait pu percevoir), et le "non qui veut dire oui".
Un non érogène, un non uniquement destiné à ralentir la progression, à faire monter l'excitation, à différer la reddition annoncée et le plaisir espéré : l'amant digne de ce nom doit faire preuve de tact mais aussi d'intuition dans l'interprétation de ces différents signaux, surtout dans le cas d'une relation sexuelle inaugurale, avec une partenaire dont il ignore tout du passé ou des blessures anciennes.
Ce dont chaque homme, osons le dire, n'est peut-être pas capable. On peut quand même, de temps en temps, faire plaisir aux féministes radicales ; il faut le reconnaître, les hommes sont - souvent - des boeufs...
".

Le terme : "relation sexuelle inaugurale" m'a bien fait rire, c'est très pompeux.

Plus loin on y cite "L'antimanuel d'éducation sexuelle" de Marcela Yacub et Patrice Maniglier au sujet d'enquêtes réalisées aux Etats-Unis : "près de 40% des femmes, lorsqu'elles disent non, n'attendent pas du tout de leur partenaire qu'il s'interrompe, au contraire (...) il reste 60% qui lorsqu'elles disent non, veulent effectivement dire non, littéralement."

Bien évidemment, le cadre des jeux amoureux et sexuels suppose toutes les figures, et j'utilise aussi le "non" en progressif, heureusement.
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