l'aquoiboniste
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Localisation: Place Michel Audiard - Serra di Ferro - Marau Humeur du Jour: pas concernée
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Posté : Wed 10 Jan - 21:04:46 Sujet: jouer la peau de l'ours |
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Vendredi soir, je plaisantais sur le goût du jeu, le goùt des limites avec mon "toubib à moi".
Il ne savait pas à quel point j'aimais le jeu. Que je pouvais rester 7/8h d'affilée à jouer sans manger ni boire pratiquement.
J'adorai jouer avec Elias et ses amis.
Faire l'andouille, la bécasse d'abord, laisser aller, puis l'attaque foudroyante puis la stratégie froide et implacable, l'air ailleurs.
Le jeu, j'adore, vraiment, ça monte, il faut rester absorbé et impassible et jouir en silence des erreurs des autres, non pas qu'ils soient tes ennemis !
L'autre est ton frère, il fait à ta place tes propres erreurs, il te sauve et tu l'aimes pour cela.
A tel point que je m''en suis prémunie, j'ai prévenu tout le monde "je ne joue jamais" et je n'ai plus jamais joué.
Sauf avec toi. Au début ce n'était qu'un jeu. Encore une fois. Et tu m'as tout dis, de mes rivales potentielles, de mes accointances futures. Je n'en avais rien à foutre.
Et d'abord, je n'ai pas compté avec toi. Tu étais passager, entre mes bras. Puis ça a changé, comme ça.
Et puis la cigarette. Elle ne joue pas. Elle te laisse aigü et lucide.
Pas non plus avec le whyskie. Il ne joue pas non plus. Il te donne une longueur d'avance et le projet bouclé !
Je n'en sais rien, la cigarette me fiche la nausée, le whyskie m'assomme.
Quels amis t'apporteraient autant ?
Ce sont tes meilleurs amis depuis longtemps. Longtemps, ils t'ont aidé, puis, après bien des nuits de compagnie, ils te lâche, d'un seul coup.
Je me fiche des bienséances et des comptes de la sécu.
Mais te voir arriver, égaré et abattu à la fois, devoir payer le taxi, à 4h du matin, ça fout les boules... Je t''envierai presque cette heureuse (?) inconscience, mais j'ai à faire.
Ce n'était qu'un jeu, et tu gagnais toujours. Même la gueule de bois, rien à faire.
Moi, j'étais censée être là, permanente, avec une petite bulle à rejoindre, une bulle de bonheur au-delà du reste.
Evidemment, c'était prévu dans le package, je sais quels sont tes amis de la nuit, là où tu refuses que je te suive, mais je connais de bien avant que tu soupçonne leur existence même...
Je connais, j'ai grandi là-dedans, "ça" chantais, à pleurer de rire...
Ce n'est qu'un vague folklore pour minables juste un peu plus friqués. Une mascarade.
Les faiseurs de folklore vous feraient croire n'importe quoi, moi je connais leur vie.
Minable, mais pas pire que d'autres vie. J'ai connu, gamine, et quel ennui, quels fards sur les croutes et les dartres ! Et leur rapacité...
Vas-donc, boire, fumer et rire avec ces croque-morts qui te pousseront jusqu'au bout. Les ra-les ra-les rapaces...
Mais, le jeu, que tu choisisse toi-même d'y laisser ta propre peau, ou par l'intermédiaire de l'autre, il te rattrappe, putain, il te rattrappe toujours...
Si c'est toi, c'est parce que ce que j'aime tant en toi, c'est ma démesure potentielle et cadenassée.
Mais je ne veux pas, je ne veux pas des conséquences.
L'odeur de tes cigarettes reste et je la veux là, je n'ouvrirai pas les fenêtres. ____________________ Tout ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience - René Char. |
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